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 How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}

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MessageSujet: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Mar 15 Sep - 14:00





How'd I wind up here again?
« It's like I'm always getting blood on my hands. You take me to the edge. You push me too far. »


La fin de l’expédition c’était bien passée. Du moins, elle était finie à présent, et c’était tout ce qui comptait. Après ses quelques paroles dont le sens échappait encore à Anna, l’Américain avait pris le sac contenant les conserves et les couteaux et était parti sans rien de plus. Elle l’avait suivi à quelques pas derrière, ne cherchant plus à diriger : c’était finit et Matthew était le gagnant de ce round. D’ailleurs, il n’y en aurait pas d’autres. Anna s’acceptait vaincue. Cet homme ne pouvait être contrôlé et donc elle n’essayerait plus. Elle ne le côtoierait plus, ne s’adressera plus à lui. Il n’aura plus la moindre place dans sa vie. C’était la meilleure solution pour les deux. Pourtant, dans l’esprit de la femme, des questions subsistaient. Elle avait beau tenter de les refouler, celles-ci restaient cramponner là comme une épaisse couche de crasse dans ses idées, bloquant le reste.

Les deux soldats avaient passé le SAS d’entrée, caché derrière les épaisses portes de métal blindées, et s’était séparés. Anna avait ordonné à un de ses hommes de prendre le sac, de retirer les couteaux à apporter à l’armurerie et de donner le reste au Major Larkin lorsqu’il serait rentré de son poste sur le toit. Elle n’avait pas adressé le moindre regard à l’Américain, ni le moindre mot. Pas d’au revoir, ils n’étaient pas amis. Et elle avait accepté de perdre.

Pourtant, dans la douche (premier endroit où elle se dirigea après un rapide détour par sa cabine), ses nerfs la lâchèrent. Anna s’accroupit puis se laissa tomber sur le sol avant d’enrouler ses bras autour de ses jambes repliées, le poignet gauche toujours douloureux. L’eau tiède coulait sur ses cheveux noirs, emportant la poussière et les bouts de plâtre qui s’y trouvaient. Ses yeux bruns fixaient le tout disparaitre dans les tuyaux. Sans qu’elle ne s’en rende compte, des larmes s’en échappèrent, se mélangeant aux autres gouttes. La militaire s’efforçait de vider son esprit. Rien de ses actions de la journée n’était représentatif de ce dont elle était capable d’ordinaire. Du moins, elle était finie à présent, et c’était tout ce qui comptait. La honte persistait. Et puis il y avait ça . Ce qui la démangeait depuis son arrivée,  ses paroles. Pourquoi. Des centaines de pourquois qui ne faisant que s’entasser dans son être sans jamais trouver leur réponse.

On toqua à la porte de la cabine de douche, forçant l’officier à se relever et terminer sa douche en quatrième vitesse. Elle avait eu l’impression de s’endormir sous le jet mais son regard cerné et son teint pâle lui indiquaient le contraire. Anna ne s’attarda pas devant les glasses des douches, préférant regagner sa cabine, son univers. En passant devant sa cabine, sa gorge se noua et elle marqua une fraction de seconde de temps d’arrêt. L’oublier. Il n’apporterait rien de bon. Il faisait apparaitre la pire facette de la personnalité de l’officier. L’éviter. Elle parlera à Avery de son assignation à ses sorties à lui, et les siennes uniquement, dès demain matin au petit déjeuner. Matthew avait dû prétendre être déçu de ce choix par hypocrisie, il n’y avait pas d’autres explications. Anna gagna sa chambre pour de bon et ferma lourdement la porte.  Ses yeux firent le tour de la pièce. Tout était exactement comme elle l’avait laissé ce matin. Ça aurait dû la rassurer, lui montrer que tout allait continuer comme les mois précédents, que nouveau ou non, le court des choses n’en serait pas bouleverser pour autant. Ce n’eut pas cet effet, pas du tout. La jeune femme s’adossa à la porte et se laissa glisser jusqu’à se retrouver assise par terre. Une nouvelle fois, elle vint ramener ses genoux contre sa poitrine. Position rassurante. Ainsi, personne ne pouvait l’atteindre. Elle était assurée d’être seule et dans sa bulle. Pourtant… Pourtant ça persistait. Les questions campaient toujours dans son cerveau. La gêne aussi. Il fallait qu’elle reprenne les choses en mains. Si la militaire ne pouvait passer à autre chose en abandonnant juste, alors elle devait comprendre. Rien de tout cela ne passera si les réponses ne venaient pas chasser les questions. Prenant ses tempes encore humides entre ses mains, Anna chercha à tout remettre dans l’ordre dans sa tête. Il était arrivé, Matthew elle-avait-oubliée-son-nom, mercenaire américain, il était venu rencontrer un contracteur à Paris, deux jours avant les bombardements… Après l’ordre d’évacuation. Ce n’était pas cohérent. C’était la panique dans les rues, personnes n’avaient le temps de contacter qui que ce soit, surtout un mercenaire. Les plus riches, ceux susceptibles d’engager un mercenaire pour leur protection ou une connerie comme ça, n’étaient plus en ville. Les autres n’auraient pas eu les moyens nécessaires pour contacter quelqu’un à l’étranger. L’Espoir aurait pût, mais personne n’aurait eu intérêt à le faire. L’histoire clochait. Si c’était quelqu’un de leur rang, alors qui et pourquoi ? La liste des personnes ayant accès aux radios qui marchaient encore à ce moment-là se comptaient sur les doigts d’une main : les membres du conseil, les militaires chargées de les surveiller et ceux pour l’entretien. Et personne n’aurait eu intérêt à faire venir un étranger…

D’un mouvement rapide, Anna se releva et se mit à marcher un peu dans sa petite cabine. Ça aurait pu avoir un intérêt pour quelqu’un voulant prendre le contrôle, mais il n’y avait eu aucun mouvement de révolte dans le centre. Elle donna un coup de poing sur un mur. Vas-y ma jolie, abîme toi le deuxième poignet.  Avery ou un autre scientifique n’aurait eu aucun intérêt à demander de l’aide à Matthew de plus aucun ne semblait le connaître lors de son arrivée. Ça n’aurait servis à rien de jouer la comédie : avouer avoir appelé du renfort n’aurait pas été si mal vu. Elle avait beau se torturer l’esprit, la pièce ne s’emboitait pas avec le reste du puzzle. Bon, si ce n’était pas un homme de chez eux, ça pouvait être qui ? Personne. Personne ne venait à son esprit. Putain. La militaire s’allongea sur son lit, fixant le plafond. Maintenant qu’elle y pensait… Il avait peut-être dit être arrivée deux jours avant l’évacuation… Elle n’était plus très sûre. Ça lui apprendra de n’écouter que d’une oreille lorsqu’on lui parle. Son mental fatiguait, tout comme son corps. Ses souvenirs lui jouaient des tours, ses nerfs étaient à vifs et ses raisonnements manquaient de réflexion. Pourtant le sommeil ne viendrait pas. Pas avant de comprendre tout.

Bon, s’il était bel et bien venu avant l’évacuation, puisque ce n’était pas impossible qu’il ait dit ça plutôt, alors on pouvait accepter l’idée qu’un riche veuille l’engager pour assurer une protection. Comment il serait venu alors ? Rares étaient les avions qui circulaient encore et tous étaient militaire. Et il avait vécu autant de temps seul ? Il lui restait des munitions ? Qui prenait autant de balle juste pour rencontrer un employeur ?! Si ce dernier l’avait prévenue que la mission se déroulerait à Paris dans la foulée peut-être… La jeune femme tournait en rond. Elle se redressa, posant ses coudes sur ses cuisses. De grosses larmes roulèrent sur ses joues. Elle avait besoin de comprendre mais n’y parviendrait pas. Elle se posait se focalisait sur mauvaises questions. On s’en moquait de se qu’il foutait là. Ce n’était pas ce qui la troublait autant. Ce qui était important c’était pourquoi il avait ressenti le besoin de venir chez eux ? Les militaires et les mercenaires avaient beau avoir des métiers qui consistaient à tirer sur des cibles vivantes tous les deux, ils s’aimaient autant qu’une limace et une poignée de sel. Pour un lit et des repas ? Ce n’était pas suffisant. Il aurait pu se faire tirer dessus a vue par le sniper et il devait se douter de ce risque. Pour sa protection ? Un homme comme lui ne devait pas avoir tant de soucis que ça. Mais ses munitions diminuaient. Mêmes. Il se battait très bien au couteau et il n’avait jamais posé de question sur les défenses du groupe. Quelqu’un voulant être protégé se serait renseigné. Du moins, elle le supposait. Cette idée ne collait pas à l’image qu’il avait de lui. Il n’avait pas pu venir juste parce que deux gamins des ruines les avaient évoqués.

Enfin, dernière question, celle qu’elle ne voulait pas formuler car elle n’acceptait pas l’idée de s’attarder là-dessus : Pourquoi ne la détestait-il pas ? Bon. L’officier se releva pour appuyer sa tête contre le mur en face d’elle. Là, Anna n’avait aucune piste.

Les heures passaient. La femme n’avait toujours rien avalé. Plus la nuit avançait, plus le besoin de réponse l’obsédait. Elle avait beau envisager la situation sous tous les angles, rien ne marchait. Pourquoi, pourquoi il était venu ? Pourquoi il avait voulu les rejoindre ? Pourquoi s’était-il approché malgré le risque de se faire tirer dessus à vue ? Pourquoi voulait-il continuer à faire des expéditions avec elle ? Elle ne parvenait pas à entrer dans la tête blonde et n’y parviendrait pas.

Son réveil affichait 03 :57 lorsqu’elle quitta sa cabine précipitamment pour traverser le couloir. Quelques pas plus tard, elle ouvrit une porte avec une certaine violence et pénétra dans la cabine. Sans poser le regard sur le lit, elle s’adossa sur le mur juste à la gauche de la porte qu’elle referma d’un mouvement du pied. Les yeux fixant un point invisible en face d’elle et d’une voix étrangler par le mélange de sentiment qui lui rongeait les os, elle demanda :

« Pourquoi tu es là ? »

Bonjour, désolé du réveil et le vouvoiement jusque-là de rigueur était passés à la trappe. Anna avait besoin de réponse. Maintenant. Elle s’en foutait du choc émotionnel que son arrivée au beau milieu de la nuit pouvait déclencher, tout comme celui provoqué par la vision de l’officier en tenue civile. Elle n’était plus sûre que Matthew l’ait déjà vu ainsi. Un chemisier bleu foncé, manches remontées au-dessus des coudes, rentrée dans son jean délavé épousant ses formes, bottines noires ressemblant vaguement à des rangers. Le deuxième bouton de son haut était décousu, obligeant la jeune femme à en dévoiler plus qu’elle ne le désirait. Ses cheveux noirs ondulaient légèrement, n’ayant pas été dompté par une brosse après la douche. La femme ne ressemblait plus vraiment à la militaire de cet après-midi. Le ton également, moins froid, moins cassant. Sa voix était chargée en émotion : la peur, la haine, l’incompréhension et le désespoir de devoir demander de l’aide.

« Je veux dire… »

Elle marqua une pause, ferma les yeux, dégluti et inspira profondément, rouvrit les yeux.

« Pourquoi tu as voulu rentrer dans le centre, en premier lieux ? »

Ses yeux n’avaient pas cillés. Le lit aurait été vide, elle ne s’en serait pas rendu compte. Elle ne voulait pas le voir, déjà parce que bon nombre de soldat dormaient nu, ensuite parce que ses nerfs lâcheraient et elle risquait de se remettre à pleurer. Son regard était encore gonflé et rouge de sa dernière crise de larmes et de son manque de sommeil. Les autres questions viendraient par la suite. Putain, elle avait juste besoin de réponse. S’il vous plait…



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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Mar 15 Sep - 16:28


Le silence s’était abattu entre les deux militaires. Ni l’un ni l’autre n’avait pris la décision de parler, comme si un cessez-le-feu tacite avait été dicté. Matthew aurait pu enfoncer le clou, s’avouer le grand vainqueur de cette lutte mais il n’avait jamais été ce genre d’hommes. Aussi s’était-il gardé de tout commentaire inutile. Il avait préféré faire savoir, par sa présence et son optimisme, qu’il ne la détestait pas. Elle s’était montrée détestable mais il ne comptait pas la fuir. Ni elle. Ni son Centre.

Dans les ruines du vieux Paris, Matthew et Anna avaient fini leur première sortie commune.

Ils étaient rentrés dans le Centre sans se dire un mot, sans même se regarder. Le militaire avait seulement donné le sac avec les trouvailles et, en silence, s’était rendu vers sa propre cabine. Pas un au revoir. Pas un sourire. Il n’avait rien tiré de la Commandante qui était restée égale à la réputation qu’il avait pu entendre à travers les murmures du couloir. Froide. Intransigeante. Distante. Peut-être même était-ce tout ce qu’il verrait. Pourtant, il avait aussi senti une femme avec des émotions mais dès qu’elle semblait s’ouvrir, elle s’était refermée plus brutalement. Une femme compliquée.

Elle le fascinait.
Il aurait dû la détester. Mais il l’appréciait.

Avant de prendre une douche, le soldat avait pris le soin de remettre une tenue civile. Puis, plutôt que de s’y rendre directement, il avait été manger un bout, au réfectoire. Nombreux étaient les soldats présents. Mais, allant s’asseoir à une table, Matthew vint à manger seul. Again. Comme toujours, il n’avait personne pour raconter sa journée. Comme depuis le début de l’Apocalypse. Il s’était même surpris, une fois, à parler à lui-même. Il s’adressait alors à une personne imaginaire. C’était même une façon pour lui de ne pas perdre complètement la raison. Mais dans cet espace clos, personne n’était là pour l’écouter.

Il aurait aimé parler de cette Commandante. Il aurait aimé parler de sa femme et ses filles. Il aurait aimé parler. Mais ici, personne ne pouvait et ne voulait l’écouter.

En silence, il s’était relevé et avait remis son plat. Puis il était parti.

Il avait pris une douche. Une longue douche. Il avait largement laissé l’eau lui couler le long de l’échine. Durant un temps, ses mains posées sur le mur carrelé, il avait fermé les yeux. Sa respiration calme, les yeux clos, il repensait à chaque instant. Depuis l’arrivée de la Commandante dans sa cabine jusqu’au départ pour sa première expédition. Il revoyait encore le sauvetage de la femme puis le sien avant qu’il ne se retrouve dans l’hôtel où il avait soigné son poignet. Pourtant, après tous ces événements, elle avait choisi de l’affecter ailleurs. Aussi, alors que l’eau continuait de ruisseler, il se demandait encore « Pourquoi ?! ». Frappant du poing, il s’agaçait encore à penser à cette femme.

Il devait penser à Lisa et ses filles. Non pas à Anna.

Pourquoi l’avait-elle affecté ailleurs ?
Pourquoi était-elle aussi rigide ?

Passant son jogging pour la nuit, Matthew en eut finalement fini avec la douche sans avoir su mettre entièrement de côté la Commandante. S’il se posait encore beaucoup de questions, celles-ci resteraient sans aucune réponse. Il ne devait plus y penser. Il ne la verrait sûrement plus jamais et peut-être que, pour cela, c’était mieux ainsi. Rejoignant sa chambre et cabine, l’Américain donna un petit coup d’œil vers le couteau et l’arme. Comme elle l’avait dit, il devait l’oublier. Elle et cette première journée de travail au sein de l’Espoir.

Prenant son Moby Dick, Matthew s’endormit sur quelques lignes.

La porte claqua brutalement et, en sursaut, pris de court, le soldat se releva d’un seul bond. Bien sûr, par réflexe, il avait tourné son buste vers la droite. Il évitait ainsi le coup qui viendrait directement en pleine poitrine et il pourrait rapidement récupérer sa lame. Sauf que cette nuit, il s’était endormi sans faire attention et l’arme n’y était pas. Serrant les dents, tombant rapidement de son lit de camp, il se redressa aussitôt et s’arrêta brutalement dans son geste pour attaquer son agresseur.

_ Pourquoi tu es là ? » C’était Anna Vignet, la Commandante. En pleine nuit, elle s’était introduite dans sa chambre et n’avait même pas allumé la lumière. « Je veux dire … » Il savait exactement où elle se trouvait. Mais sa voix était différente. « Pourquoi tu as voulu rentrer dans le centre, en premier lieu ? » Elle n’était plus cassante mais brisée. Elle n’était plus aussi neutre et lointaine qu’il l’avait toujours ressentie. Ou était-ce l’absence d’un masque qui les rapprochait brutalement. Puis, quelle heure pouvait-il être ?

_ Pourquoi ? » En disant ce seul mot, il faisait savoir où il se trouvait. Quatre bons pas à l’écart d’elle, face à elle. Le noir les empêchait de se voir mais si elle avait décidé de jouer de l’obscurité pour le prendre par surprise, il allait rester dans ces ténèbres. « Le manque de liens sociaux. Cela faisait un an que je n’avais parlé à personne. Un an que je traînais seul. Cela me manquait de parler avec des gens. » Il devait encore lui faire savoir pourquoi l’Espoir. « Je ne suis pas un homme pieu, Commandante. Et la violence des Hyènes n’a jamais été une réponse. Finalement, les Sauveurs sont composés des orphelins de ce monde. Je fais partie de l’Ancien. » Il sourit dans l’obscurité.

Il est là. Dans le noir, encore torse nu, seulement habillé de son jogging. Il sait qu’elle se trouve face à lui et, pourtant, il n’approche pas plus car il ne sait pas comment elle se trouve. « Que faites-vous là, Boss ? » Car des deux, elle était celle qui venait de faire irruption dans la chambre de l’autre. D’autant qu’elle n’avait pas annoncé son entrée. Finalement, peut-être le fait qu’il soit désarmé était le plus grand signe. Il ne lui voulait aucun mal et, surtout, il voulait sincèrement discuter avec elle. « Vous voulez que je passe un shirt avant d’allumer ? »
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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Mar 15 Sep - 19:02





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Le noir avait quelque chose d’apaisant, de rassurant et d’étrangement familier. Si elle ne le voyait pas, il n’était pas là, et inversement. Il serait bien plus facile de parler ainsi, sans avoir un regard pesant et interrogateur sur elle. Et surtout, l’obscurité est calme. Rien qui ne bouge, rien à regarder. Reposant. Peut-être était-elle seule dans cette cabine… Anna avait distinctement entendu un bruit de drap en arrivant, mais se plaisait à imaginer cette possibilité. Ça serait l’option la moins embarrassante, personne ne saurait qu’elle avait fait interruption dans la cabine de l’homme. Avec le bruit, une quinzaine de soldats devait déjà être au courant. Vu leur nombre réduit, les femmes militaires étaient particulièrement sujette aux rumeurs les plus perverses. Demain, ils allaient devenir les stars des conversations du réfectoire. Anna y avait échappé jusqu’à maintenant, mais ça ne la touchait pas plus que ça.

Finalement, une voix se fit entendre, en face d’elle, quelques parts. Une voix qu’elle connaissait, mais qui avait passé la journée étouffée derrière un casque. Elle était devenue familière au fil des heures. L’officier respirait de mieux en mieux, mais elle n’était pas sûre que son visage reprenne couleur humaine. Elle détestait avoir le teint pâle (encore plus que d’habitude), ce qui faisait ressortir ses petites cicatrices aux visages. Ça ne collait pas avec l’image de femme forte et en contrôle qu’elle voulait renvoyer.

«Pourquoi ?»

Non, ça mon bonhomme, c’était sa question à elle. C’était Anna et non lui qui se torturait avec ce mot au point de ne plus se nourrir ni dormir. Elle ne dit rien, se contenta de soupirer. Elle voulait se rouler en boule à nouveau, mais ne le fit pas. La voix finit tout de même par répondre à la question. La solitude des ruines. Forcément. C’était quelque chose de beaucoup trop humains pour qu’Anna y pense. Ça restait un peu trop sentimental à son goût. Si la lumière avait été allumée, l’Américain aurait pu voir sa supérieure hocher la tête. Elle pouvait concevoir que parler aux ruines ou à la poussière devenait lassant et pouvait pousser au désespoir.

«Que faites-vous là, Boss ?»

C’était une bonne question. L’officier commença par baisser les yeux. Elle n’en connaissait pas la raison. Pas plus que lui. C’était son désir obsessionnel qui l’avait envoyé, la fatigue qui la poussait à faire des choses stupides et ces questions qui restaient bloquées dans ses pensées. La question de l'homme l'avait déstabilisée, pourtant ce n'était pas surprenant qu'il se la pose. L'officier se retrouvait totalement décontenancée.

«J’avais… J’ai besoin de réponse. Je suis fatiguée, désolé pour cette interruption. Je devrais sortir, je suppose…»


Elle insista un peu plus sur le "j’ai" que sur le reste. Sa voix n’était pas vraiment plus calme que lors de ses questions. Anna s’était montrée beaucoup plus sûre d’elle lors de sa première visite dans la cabine. Elle avait perdu le contrôle au long de la journée dehors et maintenant elle avait juste tout lâché. C’était du relationnel là, donc de toute façon pas son domaine. Même elle ne prétendait pas le contraire.

«Vous voulez que je passe un shirt avant d’allumer ?»

La militaire aurait répondu que ce n’était pas la peine à tous ses hommes. La plupart des soldats ne s’embêtaient pas avec la pudeur, considérant que militaire femme ou non, ils restaient entre testicules et se baladaient fièrement tout nu entre leur cabine et la douche. L’officier ne comptait pas le nombre de corps masculin qu'elle vait vu ces derniers temps, infecté dénudé non compris. cela faisait longtemps qu’Anna ne regardait plus ses hommes comme des personnes du sexe opposé mais uniquement comme des soldats, ses égaux. Sauf que voilà, Matthew n’était pas un de ses soldats, c’était un inconnu fraîchement débarqué et elle ne pouvait le considérer autrement. Le voir torse nu aurait un côté dérangeant dont elle voulait se passer.

«Je vais vous laisser vous recoucher, je ferais mieux d’en faire de même. Demain matin, pensez à vous présenter à Avery Wright. »


Elle ne dormirait pas avant d’être épuisée à en mourir. Demain, elle se réveillerait aux aurores, irait s’entraîner et s’endormirait comme un enfant le soir venu. La normale reviendrait petit à petit et elle pourrait laisser tout ça derrière elle, si ses fichues questions le voulaient bien… Matthew irait rejoindre Avery, entre américains, ils devraient s’entendre, peut-être même qu’ils deviendraient amis. Cette idée la rendit un peu plus lasse encore. Grand bien leur face. Elle arrêtait de gérer le cas « Matthew je-sais-plus-comment » pour de bon. Elle se tourna et mit la main sur la poignée. Pour tout vous avouer, elle n’avait aucune envie de sortir et de retourner au silence de sa propre cabine, à écouter ses pensées.


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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Mar 15 Sep - 21:39

L’obscurité. Enfant, Matthew avait détesté ces ténèbres. C’était le royaume des démons et des terribles monstres qui habitaient ses cauchemars. Seul lui les voyait. Mais pour lui, tout semblait si réel qu’il était souvent réveillé par ces frayeurs nocturnes. Il haïssait ce monde qu’il ne comprenait pas. La lune était comme une veilleuse qui empêchait les bêtes de s’approcher de lui. Aussi, chaque nouvelle lune, l’enfant craignait d’être dévoré par les obscures ténèbres nocturnes. Une fois devenu adulte, et militaire, l’Américain apprit à vivre de ces ombres. Il continuait de les haïr. Mais il était devenu aussi l’une des créatures.

Aujourd’hui, dans l’obscurité de sa cabine, Matthew n’était pas à l’aise. Loin de la grande veilleuse, proche de cette femme, l’homme continuait de se poser mille et une questions. Ici, la tension qui avait habité leur journée avait disparu. Ou, plutôt, elle était devenue toute autre. L’un comme l’autre, dans cette obscurité, tantôt angoissante, tantôt calmante, semblait attendre l’autre. Chacun souhaitait le pas. Mais aucun ne le faisait. Dans le silence nocturne, il vint à en déglutir. Comment s’était-il retrouvé là, dans sa propre cabine, si près de la Commandante ? Nul masque. Nulle combinaison.

_ J’avais … J’ai besoin de réponse. » Ainsi, elle se posait autant de questions que l’Américain. Sûrement n’était-ce pas les mêmes, mais elle cherchait, elle aussi, des réponses. « Je suis fatiguée, désolé de cette interruption. Je devrais sortir, je suppose … » Fronçant les sourcils, Matthew continuait de se demander ce que signifiait une telle réponse. D’autant qu’Anna s’excusait d’être entrée de la sorte. Et, maintenant, elle cherchait à fuir. Que se passait-il dans sa tête ? Se sentait-elle déjà prise dans son propre piège ?

Alors qu’il entendait le froissement des vêtements qu’elle devait porter, il entendit qu’elle posait sa main sur la porte, s’apprêtant à partir. « Je vais vous laisser vous recoucher, je ferais mieux d’en faire de même. Demain matin, pensez à vous présenter à Avery Wright. » Et elle allait partir ainsi, telle une fugueuse. Pourtant, Matthew ne la laissa pas faire. Encore torse nu, il parcourut en deux enjambées l’espace qui les séparait encore jusqu’à maintenant. S’il sentit le frôlement du corps de sa partenaire, il posa délicatement une main sur la porte.

_ S’il vous plaît, Boss. » Il ne la touche pas. Il n’ose même pas la tourner pour que, même dans le noir, ils puissent s’imaginer face à face. « Vous m’avez réveillé en pleine nuit en débarquant de la sorte. » Sa voix est douce. Il ne l’incrimine d’aucun fait. Il expose seulement la situation. « Je ne trouverai plus le sommeil, je pense. » C’était un mensonge. Il était épuisé de sa journée et il avait largement mal dormi sur l’inconfortable matelas qu’était son lit de camp. Il regrettait quasiment la chambre d’hôtel vue plus tôt. « Vous êtes venue à la recherche de réponses. » Il était trop près d’elle depuis déjà trop longtemps déjà. Aussi, dans le frottement de son jogging, il relâcha la pression sur la porte, lui laissant la possibilité de fuir comme elle le souhaitait.

Retournant à l’autre bout de la pièce, loin de cette partenaire dangereusement attirante, il croisa les bras sur son torse. « C’est à vous que je suis loyal, Boss. Not to Avery Wright. C’est avec vous que je souhaite travailler. Quitte à encore sauver vos fesses de quelques Infectés. » Elle ne peut pas le voir, mais, dans le noir, il sourit, amusé. C’était une nouvelle taquinerie, bien loin de l’insubordination. Pourtant, il commençait à la connaître et savait qu’elle se gripperait encore. Elle manquait terriblement d’humour, après tout. Sûrement verrait-il un vague rayon lumineux, ou entendrait-il sa porte s’ouvrir et se fermer dans le silence. Pourtant, sans vraiment savoir si elle l’écoutait encore, il prononça quelques nouveaux mots à l’adresse d’Anna. « Posez-moi vos questions et je vous répondrai. Je souhaite travailler pour vous et non contre vous. » Sûrement aurait-il voulu ajouter qu’il lui dirait toute la vérité. Mais il savait qu’elle n’était pas encore prête à accepter son affectation initiale. Elle ne pourrait pas encore comprendre le fait qu’il était un Black Ops, ou encore comment le gouvernement américain s’était permis une telle opération sur le sol français. Finalement, en espérant encore une vague réponse, il lâcha. « I’m yours. »
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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Mar 15 Sep - 22:58





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En entendant Matthew s’approcher, l’officier s’attendait à voir la lumière s’allumer, lui piquant les yeux habitués aux pénombres. Mais non, il ne s’était pas déplacé pour ça. Il avait traversé la porte pour bloquer la porte, s’assurant que la jeune femme écoute ce qu’il avait à dire dans un premier temps. Il était passé à côté d’elle et il poussa la porte d’une main. Par réflexe, elle recula d’un pas et lâcha la poignée. Sa voix était peut-être familière, mais ça ne les rendait pas proches pour autant. Anna se sentait vite mal à l’aise en étant trop rapproché de quelqu’un si ses protections militaires ne faisaient pas obstacle entre les deux corps, surtout que dans cette situation, il n’y avait qu’un chemisier pour deux.

«S’il vous plaît, Boss. Vous m’avez réveillé en pleine nuit en débarquant de la sorte. »

Elle baissa une nouvelle fois les yeux comme une enfant fautive. Venir réveiller quelqu’un à une heure si avancée était impolie et assez agressif, même pour la militaire. Elle n’avait aucune excuse, mais ne sentait pas le besoin de s’excuser. Matthew parlait sur un ton calme, pas la moindre teinte de reproche. Il était plus patient qu’elle ne le serait si les rôles étaient inversés.

«Je ne trouverai plus le sommeil, je pense. »

Bon, et bien ça le faisait déjà un premier point commun. Si Anna retournait dans sa cabine, elle ne dormirait pas avant plusieurs heures non plus. Elle ne répondit rien, en revanche, troublée par cette proximité non désirée. En expédition, le contact ne l’avait pas dérangée, sauf peut-être lorsqu’il c’était occupé de son poignet. Mais là…

«Vous êtes venue à la recherche de réponses. »

Oui, mais maintenant elle se trouvait ridicule à le questionner ainsi. Il avait déjà répondu à la plupart des questions lors de leur première rencontre, elle ne les reposait que parce qu’elle ne le croyait pas, ce qui pouvait être un peu insultant. Quant à la dernière question… Le pourquoi il ne la détestait pas… L’officier se rendait bien compte qu’elle ne pouvait pas la dire à voix haute sans rougir et vouloir disparaître. L’homme reprit sa place initiale, laissant la jeune femme soulagée. Il était bien plus loin maintenant. Elle expira longuement.

«C’est à vous que je suis loyal, Boss. Not to Avery Wright. C’est avec vous que je souhaite travailler. Quitte à encore sauver vos fesses de quelques Infectés. »

C’était de l’humour. Anna ne rigolerait pas, mais elle n’allait pas lui en vouloir d’essayer. Elle n’esquissa pas même un sourire, c’était déplacé et trop familier pour elle. De toute façon, dans le noir, il ne pouvait pas observer sa réaction. D’ailleurs, l’obscurité perdait de son côté rassurant pour devenir angoissant. Aucun point de repère mis à part, le mur contre lequel elle s’appuyait. Fermant les yeux, comme si cela allait changer quelque chose, elle se concentra sur la voix.

«Posez-moi vos questions et je vous répondrai. Je souhaite travailler pour vous et non contre vous. »

Ce n’était pas si facile. Elle releva la tête et tenta de regarder autours. Noirs, partout, pas le moindre point de lumière, comme si elle était devenue n’aveugle. Putain, elle détestait ça maintenant. La soldate avait l’impression qu’en fermant l’interrupteur, les murs se retrouveraient à un mètre d’elle, sans aucune porte. Sa respiration se faisait plus brève. Décidément, ne pas dormir la rendait encore plus anxieuse que d’habitude.

«I’m yours. »

En guise de réponse, Anna donna un coup sec de la main droite sur l’interrupteur qui s’alluma d’un coup. Elle n’avait pas réfléchi. En face d’elle apparut Matthew, torse nu, en jogging. Ses yeux bruns restèrent immobiles deux secondes, mais elle finit par détourner le visage, fixant la poignée de la porte pour ne pas gêner le soldat. Le rouge lui montait aux joues. Il l’avait prévenu. L’officier n’était pas vraiment à l’aise avec ce genre de vision. Mais bon, au moins elle avait la preuve qu’il avait dormi alors que le contraire n’était pas vrai : chaussures, chemise un peu froissée, mais encore présentable, il était évident qu’elle n’avait pas encore fermé l’œil.

«Navrée. »

Navrée, Anna l’était plus pour elle-même que pour lui. Elle s’était imposé cette vision toute seule. Ne relevant pas la tête avant d’être sûre qu’il est enfilé quelque chose, elle poursuivit. C’est avec vous que je souhaite travailler. C’est à vous que je suis loyal. I’m yours. Merde, sa question lui brûlait les lèvres. Ne pas lui demander, ne pas lui demander.

«Je ne veux pas te faire subir un deuxième interrogatoire. »

Elle ferma les yeux et se mordit la lèvre. Il fallait qu’elle fasse un choix entre le vous et le tu. Surtout que là, c’était déplacé. Elle venait de le voir à moitié nu et maintenant, elle le tutoyait. Il fallait qu’elle se reprenne, comme toujours en sa présence. Mon dieu, depuis deux jours, il avait le don de lui faire perdre le contrôle.

«Let’s talk, okay ? »

Maintenant, Anna réussissait à le regarder dans les yeux. La fatigue était toujours bien présence, mais elle faisait des efforts considérables pour la canaliser un moment.

«Just talk. »

C’était un premier pas. Lui poser des questions ne l’aiderait pas, elle devait apprendre à le connaître et donc parler comme les gens normaux le font, parait-il.


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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Mer 16 Sep - 13:04

Sans avoir été prévenu, la lumière éclaira la pièce. D’abord d’un rayon aveuglant l’Américain puis, clignotante, vibrante. Finalement, le néon s’équilibra. Matthew avait posé son bras devant ses yeux, par réflexe. Elle n’avait rien dit et lorsqu’elle le découvrit, encore torse nu, elle se détourna. Déjà pouvait-il voir le rouge monter aux joues de la jeune femme et tandis qu’il se déplaçait avec aisance, n’ayant aucune gêne, le soldat se passa un shirt.

Contrairement à lui, la Commandante n’avait pas encore fermé l’œil. Cela se repérait facilement. Son visage était marqué par la fatigue et ses vêtements semblaient avoir passé une aussi mauvaise nuit que leur modèle. Anna n’était pas dans son assiette. Encore moins que durant toute la journée. Elle avait sûrement ressassé toute la nuit ses questions avant de débarquer de façon intrusive dans la cabine du soldat. Et maintenant, elle se trouvait face à lui.

Il semblait que des deux, il était le plus à l’aise. Aussi, alors qu’elle lui disait qu’elle ne voulait pas lui faire subir un deuxième interrogatoire, il fronça un instant les sourcils. Bien sûr que c’était ce qu’elle souhaitait. Les questions lui brûlaient les lèvres et elle continuait de se retenir. Pourtant, le militaire s’était tu. Elle était venue pour parler. Il comptait donc répondre à l’attente de la jeune femme.

Retirant le livre de son lit, le soldat le posa sur le seul autre meuble de sa cabine. Puis, s’asseyant à terre, croisant les jambes en tailleur, le militaire se mit à sourire doucement. « Parlons donc. » Pourtant, il ne savait pas quoi lui dire. La dernière fois avait été un complet échec. Elle lui avait alors demandé de se faire discret sur ses anciennes activités professionnelles. « L’Ancien Monde me manque, en réalité. On se demandait ce qu’était le bonheur. Maintenant, les questions sont de se demander comment survivre un autre jour. Si cela vaut encore de survivre. De quoi serait fait demain. C’est étrange à quel point c’est lorsque nous avons tout perdu que nous remarquons tout ce que nous avions. » Il sourit lui-même et se met à regarder le néon. Il pense à sa famille, à sa vie. Il se souvient de ses voisins, de ses quelques collègues. Il était trop tard pour chérir ce passé à jamais disparu. Il hausse les épaules et s’abandonne dans sa propre contemplation.

_ Je n’ai pas encore eu la chance de vous remercier pour la journée. Merci de m’avoir fait sortir. »
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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Mer 16 Sep - 22:55





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La tension qu’Anna ressentait depuis déjà plusieurs jours, depuis l’arrivée de cet homme dans le complexe, baissait enfin. L’officier allait enfin agir en femme civilisée, ne cherchant pas à prouver quoi que ce soit. C’était donc ça. Le seul souci, ça avait été elle. Par son caractère, par la distance qu’elle imposait entre elle et le reste. Bien sûr, il restait les questions qui n’avaient qu’une envie : sortir et trouver leur réponse, mais même elles semblaient pouvoir patienter quelques minutes encore. Forcer Matthew à s’expliquer sur chaque point ne serait pas des plus productif.

Ce dernier avait tout de même fini par enfiler un t-shirt, cachant son torse et soulageant la supérieure avant de s’asseoir par terre comme un enfant de maternelle, la barbe en plus. Il commença à parler et la femme ne sut comment réagir : devait-elle s’installer comme le lui avait fait, ou rester debout ? Il n’y avait nulle chaise, elle pouvait s’asseoir sur le lit, mais cela avait une connotation fleurte qui l’effrayait beaucoup. Elle resta debout contre le mur, décontenancée une quinzaine de secondes. De toute façon, l’Américain semblait trouver la lampe plus intéressante qu’elle. Anna en revanche le scrutait, cherchant à comprendre une bonne fois pour toute qui était cet homme, en dehors de Matthew Je-sais-plus-quoi, mercenaire américain. Elle acceptait pour de bon de lui laisser une chance.

«Je n’ai pas encore eu la chance de vous remercier pour la journée. Merci de m’avoir fait sortir. »

Pourquoi tu m’apprécies ? Sa question revint comme percutant le front pour sortir. L’officier se laissa glisser le long du mur pour s’accroupir. Elle n’osait pas s’asseoir à proprement parler, ne voulant pas paraître familière. Elle continuait à le regarder dans les yeux, y cherchant… Elle-même ne savait pas ce qu’elle espérait y trouver.

«On n’allait pas vous garder comme un animal en cage. Nous sommes méfiants, pas sadiques. »

Elle savait que le meilleur moyen de faire du mal à un militaire était de le faire se sentir inutile. Privée un de ses hommes de sortie était plus souvent employée comme une menace que comme punition, car elle avait toujours peur d’en retrouver un pendu au néon. C’était réservé aux hommes à qui elle ne pouvait plus faire confiance pour protéger leur collègue.

«L’Ancien Monde ne me manque plus. J’ai vite appris à l’oublier. Je crois que c'était la meilleure chose à faire si je voulais survivre. »

Sauf la pizza. Plus sérieusement, Anna s’était laissée 3 heures pour paniquer, se laissant gagner par la vague de sentiment lié à l’épidémie et à cette apocalypse inattendue, puis était redevenu la militaire efficace qu’elle devait être. Elle n’avait pas réellement réussi à garder la tête froide, mais n’ayant pour qui s’inquiéter dehors, elle avait pu se reprendre plus vite et organiser le chaos, gagnant ainsi le respect de la plupart des hommes du centre, y compris plus gradé. On ne pouvait pas avancer en comparant les temps actuels à ceux d’avant ni en prenant ces derniers comme objectif. On ne pourrait plus revenir au point de départ, même avec un vaccin, même avec un traitement. On pouvait construire sur les ruines, pas ressuscitées les bâtiments.

«Pourquoi aurais-tu envie de refaire les sorties avec moi ? »

Ses yeux avaient cessé de le fixer lui pour s’attarder sur le mur, en face d’elle. Elle avait définitivement opté pour le tutoiement. Il était 4h passé et elle était dans sa chambre, alors à quoi bon vouloir rester distante. Ses sourcils s’étaient légèrement froncés en prononçant enfin ses mots. C’était bien ce qu’il avait dit… Dommage que l’on ne remette pas ça à une prochaine fois avant de sortir de l’hôtel.

« Je ne suis pas quelqu’un avec qui on veut refaire des sorties. »

C’était vrai. En général, les gens ne se pressaient pas pour faire des expéditions en petit nombre lorsqu’Anna était à sa tête. Parce qu’avec Avery, on pouvait faire des détours pour chercher de l’alcool. Parce qu’avec d’autre, on pouvait s’amuser au lancer de couteau avant de rentrer. Parce qu’avec Anna, on allait être concentré même lorsque la situation serait sans danger. Mais Matthew voulait tout de même retenter. C’est à vous que je suis loyal, Boss. Not to Avery Wright. C’est avec vous que je souhaite travailler. Quitte à encore sauver vos fesses de quelques Infectés. Cette phrase l’avait plus touchée que ce qu’elle admettait. La partie sur les fesses comprises.


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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Sam 26 Sep - 23:54

La question était finalement posée. Celle qui avait rongé l’esprit de la Commandante jusqu’à la pousser à faire irruption dans la chambre du soldat. Celle qui l’avait tenue éveillée jusqu’à des heures sombres. Puis elle avait fini par le réveiller.

_ Pourquoi aurais-tu envie de refaire les sorties avec moi ? «

Il avait légèrement souri lorsqu’il l’avait entendue. Evidemment qu’elle se demandait pourquoi il souhaitait encore être de sortie. Elle avait tout fait pour être détestable. Elle n’en avait fait qu’à sa tête. Elle s’était montrée égoïste. Au final, elle avait tout fait pour le dégoûter du Centre. Aussi devait-elle se demander pourquoi, malgré ceci, il souhaitait encore être avec elle ? Et la question, lui-même se le posait.

_ Vous êtes concentrée. « C’était une raison. Ou plutôt, un prétexte. Ce n’était évidemment pas pour cela qu’il avait aimé la sortie en sa présence. Ce n’était pas non plus pour toute l’action. Et sûrement pas pour les nombreuses balles perdues pour sauver les fesses de sa Commandante. Il se donnait seulement le temps de la réflexion. Le temps de formuler correctement ce qu’il devait lui dire. Sûrement n’y avait-il pas mille façons de dire le fond de sa pensée.

_ Je vous aime bien, Boss. Vous avez une étincelle, un petit something que tous les autres n’ont pas. Vous inspirez les hommes. « Il sourit. Il n’essaie pas de la flatter. Il tente de mettre là quelques mots sur un ressenti. Aussi, fronçant légèrement les sourcils, il continue sur les quelques mots qui lui viennent. « Vous êtes une véritable pain in the ass, seriously but … I like you, for some reason. » Il hausse les épaules. C’est la seule véritable explication qu’il a su se trouver jusqu’à maintenant. Il avait dit tout cela avec une voix douce, un sourire sincère aux lèvres. Il ne pensait pas à mal alors qu’il lui disait ces quelques paroles.

Cette nuit, dans l’intimité dans la cabine, il avait abandonné son air effronté pour simplement parler avec la femme. Ni l’un ni l’autre ne prétendait être quelqu’un. Ils étaient là, face à face. Aussi, toujours sur le même ton, le regard posé sur le néon clignotant, il continue de lui dire ce qui lui vient à l’esprit. « Vous prenez les bonnes décisions mais, surtout, vous arrivez à prendre les décisions difficiles lorsqu’il le faut. C’est une qualité que j’apprécie. »
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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Dim 27 Sep - 1:01





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Après avoir parlé, Anna avala sa salive. Elle ne savait pas trop si elle se sentait soulagée d’avoir finalement prononcé ces mots qui la démangeaient ou honteuse d’avoir dû poser la question. Son regard s’attardait à présent sur le sol, sans revêtir la moindre expression si ce n’est une immense fatigue. Elle avait lâché ce qui la tenait éveillée. Si la réponse ne soulevait pas de nouvelles interrogations, elle pourrait repartir et enfin s’endormir. Son corps hurlait de faire ça, qu’il avait besoin de se mettre en pause.

« Vous êtes concentrée. »

Elle releva la tête, les sourcils froncés. C’était simplement ça la réponse ? Il semblait à l’officier que non, la réponse n’était pas entière. Ne voulant pas couper l’Américain, elle resta silencieuse tout en le regardant avec son air interrogateur.

« Je vous aime bien, Boss. Vous avez une étincelle, un petit something que tous les autres n’ont pas. Vous inspirez les hommes. »

Ça ne l’aidait pas à comprendre. Les concepts abstraits et Anna, ça faisait mille. Elle avait besoin de mot clair et d’idée précise. Un petit quelque chose, ça ne voulait rien dire pour elle. Vous inspirez les hommes, c’était différent. Elle comprenait la théorie, mais en pratique, c’était autre chose. Las de se torturer l’esprit, elle se laisse glisser sur le sol, toujours le dos contre le mur. Elle plia les genoux et posa les mains dessus. C’était le genre de position familière que la militaire ne prenait que très rarement, n’aimant pas être perçu autrement que comme quelqu’un de droit et rigide. Mais ce petit jeu était fichu avec Matthew, elle le comprenait bien.

« Vous êtes une véritable pain in the ass, seriously but … I like you, for some reason. »

En temps normal, elle serait devenue rouge de colère et aurait sifflé quelques mots agressifs. Pourtant, là, Anna eu un petit rire qu’elle ne put retenir. Elle se maîtrisait dans le centre, en règle générale. À l’extérieur, c’était autre chose, le masque et le cadre faisait que personne ne faisait attention à ses sourires. Mais dans le centre, elle se sentait à nue et se protégeant avec un masque de neutralité. Ses lèvres restèrent étirer quelques secondes, dévoilant quelques dents.

Le soldat, quant à lui, fixait le néon. La jeune femme en profita pour l’observer une énième fois. C’était son truc, regarder les gens comme si ça n’allait pas les déranger. Malgré son âge, il y avait encore quelque chose de vif et de bien vivant chez Matthew. Quelque chose qui avait disparu depuis longtemps chez la plupart de ses hommes. D’ailleurs, quel âge pouvait-il bien avoir ? Les gens fatigués avaient toujours tendance à paraître plus vieux. Après l’avoir réveillé à quatre heures du matin, il était difficile de donner une estimation exacte. De toute façon, ça n’avait pas d’importance, c’était juste son besoin de toute connaître et savoir qui la poussait à réfléchir là-dessus.

« Vous prenez les bonnes décisions, mais, surtout, vous arrivez à prendre les décisions difficiles lorsqu’il le faut. C’est une qualité que j’apprécie. »

Il avait l’air d’avoir fini. Les joues d’Anna s’étaient très légèrement colorées, pas habituée à être complimenté de la sorte. Elle le regardait, ne sachant quoi répondre à ça. Elle était gênée. Ouvrant la bouche, la jeune femme bredouilla quelques secondes avant de déglutir et se reprendre.

«Merci… Je crois. Je devrais vous laisser vous recoucher.»

Pourtant, l’officier ne se releva pas. Elle ne fit pas mine de partir ou d’avoir l’intention de le faire. Elle regarda autour d’elle, la pièce était petite, mais le néon blanc l’éclairait fortement. Elle se retint de faire un commentaire sur l’étroitesse des lieux. Après tout, s’il se retrouvait dans cet ancien cagibi, elle n’y était pas pour rien.

Elle voulait parler. Elle espérant trouver quelque chose d’intéressant à dire pour rompre le silence qui devenait pesant, mais rien ne lui venait à l’esprit. Anna tourna la tête pour poser ses yeux aveuglés par la lumière dans le regard de l’Américain. Elle commençait à vraiment apprécier sa présence, c’était… rassurant. Elle en oublia le silence qui la dérangeait la seconde d’avant.



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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Lun 19 Oct - 0:48

La Commandante était une femme étrange. Particulière. Elle le fascinait. Il l’admirait. Plus qu’il n’aurait voulu se le permettre. La jeune femme s’était montrée particulièrement opposée à son adhésion au sein du groupe et avait tout fait pour le faire fuir. Après une sortie, elle avait montré tout ce dont elle était capable pour s’affranchir de sa présence. Mais Matthew n’avait pas cédé. Borné. Têtu. Ou seulement idiot. Pourtant, le militaire savait ce dans quoi il s’embarquait. Même s’il trouvait sa place, il devrait encore apprendre à se faire accepter.

Aujourd’hui, il était un Américain en terre étrangère. Sans aucune ambassade vers laquelle se replier. Aujourd’hui, il était plus seul que jamais. Sans même savoir ce qui se passait au-delà des frontières de la vieille cité. Est-ce que le monde vivait encore, là, par-delà les frontières françaises ? Existait-il encore un gouvernement ?

Non. Il devait arrêter de penser à tout cela. Il devait penser à lui. A sa propre survie dans ce monde largement hostile à sa présence.

En réalité, Matthew parlait. Il parlait pour ne pas la regarder. Bien sûr, il avait vu ces quelques boutons détachés. Bien sûr, il avait dégluti. Pourtant, il ne savait pas comment réagir devant sa Commandante. Si elle avait été une quelconque femme, il se serait sûrement permis quelques commentaires faciles et déplacés, de quoi la mettre mal à l’aise. Pourtant, elle était différente. Ou peut-être était-ce uniquement ce statut de supérieur hiérarchique qui l’empêchait d’être sous ce faux masque. Il se devait de la détester. Mais, au fond, il en était incapable.

_ Merci … Je crois. Je devrais vous laisser vous recoucher. »

De nouveau, elle le vouvoyait. Comme si, après cet écart, elle reprenait sa contenance. Comme si elle reprenait cette froide distance qui les éloignait tant. Comme s’il était temps pour eux de reprendre ces rôles : Supérieur et Inférieur. Pourtant, la jeune femme ne bougea pas. Comme si elle n’était pas encore prête à vraiment partir. Aussi, dans le silence pesant qui s’était installé, Matthew se demandait ce qui pouvait bien la retenir. Ne sachant pas trop quoi lui dire sans paraître excessivement bateau, Matthew, encore collé au mur, le regard plongé dans le néon, prit finalement la parole.

_ Je ne compte plus dormir, Boss. » Il sourit et hausse les épaules, amusé par la situation. « Merci. » Il continue de sourire. « D’être venue. N’hésitez pas à revenir. » Puis, riant déjà. « Sans faire une entrée aussi fracassante, imaginons. » Il ne savait pas trop comment engager la conversation, ni même si cela était réellement une bonne idée. Peut-être prendrait-elle encore une fois la mouche, comme elle en avait tant l’habitude, dès qu’il l’ouvrait.

Se relevant finalement, il ajouta encore : « Vous êtes ravissante dans votre tenue, truly. »
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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Lun 19 Oct - 23:39





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« Je ne compte plus dormir, Boss.  »

Anna remarquait qu’il ne la regardait plus, sans comprendre pourquoi. Ce n’était pas très important. Pourtant, il souriait et semblait apprécier le moment. Elle aussi, d’ailleurs. Un peu de chaleur dans ce complexe en métal froid. Son regard se détourna du soldat pour se poser également sur la lampe. Décidément, elle devait être diablement intéressante.

« Merci d’être venue. N’hésitez pas à revenir. »

Anna préféra ignorer cette phrase, n’étant pas sûre de ce qu’elle était sensé répondre. Peut-être aurait-elle dû le remercier de lui avoir répondu et d’avoir la patience de ne pas la foutre dehors et de la traiter d’hystérique. Sa bouche resta fermée. Elle ne pouvait formuler sa pensée et ne préférait pas le faire. Matthew comprendrait sûrement, et s’il était vexé elle s’excuserait et tenterait de façon un peu gauche de s’expliquer.

D’un ton rieur, il lui indiqua qu’elle n’avait pas besoin de rentrer en pleine nuit la prochaine fois, ce qui la fit rire également. Son corps se détendait et l’officier ne se sentait plus obliger de maitriser ses sourires et excès de joie. Sa main se plaça devant sa bouche par réflexe, comme pour remplacer le masque qu’elle ne portait plus. Elle riait plus pour évacuer le stress, tourner définitivement la page avec le reste de la journée. Elle se laissa un peu plus tomber contre le mur, calmant son rire et regardant Matthew avec un air doux.

« Vous êtes ravissante dans votre tenue, truly. »

Son visage prit une expression de surprise qui resta quelques secondes avant de s’évaporer. Anna ria de plus belle, comme si elle n’y croyait pas. Elle devait avoir l’air d’une junky de l’ancien monde, bien plus que d’une officier. Elle passa la main dans ses cheveux, les recoiffant en deux mouvements. Elle ne comptait rien répondre, cherchant encore s’il était ironique ou bien sérieux. L’homme s’était levé et elle fit de même, n’aimant pas être en sensation d’infériorité. Bon, même debout, il faisait une dizaine de centimètre de plus qu’elle, mais elle se sentait déjà moins intimidé. Son rire se transforma en un petit sourire. Ses yeux bruns se détournèrent du soldat pour s’attarder sur certains objets sans importantes. Le compliment, sans la mettre véritablement mal à l’aise, lui avait ôté toute contenance et elle avait besoin d’en retrouver une.

« Si vous ne comptez plus dormir, je ne vais pas vous abandonner. »

Ca n’avait pas vraiment de sens de s’être levée pour dire qu’on restait. C’était même totalement illogique, mais Anna n’avait pas fait de plan avant. Elle aurait pu s’installer sur le lit, mais elle s’y refusa encore, pour les mêmes raisons qu’auparavant. A la place, elle tourna la tête vers Matthew et lui fit un vrai sourire gentil comme elle savait rarement faire. Parce qu’elle était contente, bien plus légère que lorsqu’elle avait passé la porte de la cabine.


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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Lun 26 Oct - 23:26

Matthew était déboussolé par sa Commandante. Il ne savait que penser, que faire ou même que dire. Fait rare, l’homme se taisait car il était gêné. Plus habitué à se taire lorsqu’il n’avait rien à dire, ou pour montrer son mécontentement, le soldat avait été pris au dépourvu par Anna. Elle avait débarqué si soudainement qu’encore à cet instant, l’homme réfléchissait à la bonne marche à suivre. Car si elle se livrait de la sorte, c’était à lui de comprendre ce qu’elle recherchait auprès de lui.

Le soldat avait toujours laissé agir son propre charme naturel en chaque circonstance. Avec les femmes, il n’avait qu’à s’appuyer au bar pour qu’elles tombent littéralement comme des mouches. Un sourire, un verre et le tour était souvent joué en quelques tours habituelles. Ici, la situation était différente. Car devant lui se trouvait Anna. Anna, une femme qu’il n’arrivait ni à déchiffrer, ni à comprendre. Pour ainsi dire, elle le dépaysait d’une façon si agréable et si étrange à la fois qu’il s’en voulait encore de pouvoir apprécier sa compagnie. Au final, il se demandait ce que cherchait la jeune femme ?
Était-ce un ami qu’elle voulait ?
Un amant ?
Un partenaire ?

Alors qu’elle avait relevé le fait qu’il n’avait plus l’intention de dormir, sa Commandante lui fit savoir qu’elle ne comptait pas non plus aller se reposer. Cette nouvelle phrase le déconcerta un peu plus encore. Que cela signifiait-il dans le chef de sa supérieure ? Dans toute autre situation, le soldat aurait compris là quelques avances d’une soirée torride et endiablée. Mais la Commandante n’était pas de ce bois, il l’avait bien compris. Aussi, il se demandait ce qu’elle pouvait bien attendre de lui. D’une certaine façon, il la trouvait suspecte d’agir de la sorte. Car elle n’était plus la femme forte de ce matin qui voulait à tout prier hurler des ordres. Elle semblait plus adoucie, plus apaisée en ces instants.

Mais Matthew le savait. Le moindre geste physique ferait de la femme la lionne qu’il connaissait. Même remettre un simple bouton, par pudeur, éveillerait la colère de cette dernière qui le considérerait comme un pervers. Car s’il rattachait, c’est qu’il avait vu. Ce geste était donc à éviter. La prendre dans ses bras n’était pas non plus un geste à considérer car la femme, forte et fière, le repousserait en s’imaginant qu’il abuserait d’un moment de faiblesse.

Se relevant de toute sa hauteur, l’homme ne bougea pas plus pour autant. Posant son regard sur sa Commandante, d’un sourire doux et chaleureux, il prit un ton léger et amusé pour lui répondre. « Vous devriez penser à vous reposer, Boss. Vous avez toute une installation à gérer chaque jour et je ne voudrais pas que vous manquiez de lucidité. » Et d’ajouter encore. « Vous n’aimeriez pas être aperçue à sortir de la chambre du paria que je suis lorsque l’enceinte s’éveille. » Puis, s’approchant à seulement deux pas d’elle, d’un regard attendri et d’une voix toujours rieuse. « Mais vous pouvez revenir demain soir, peut-être plus tôt. » Pourtant, alors qu’il se serait souvent permis un geste tendre vers la personne, il retint son bras le long du corps, se refusant à toute affection physique.

Il devait la détester.
Mais il en était bien incapable.
Alors, il se détestait de ne pouvoir la détester.
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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Mar 27 Oct - 0:16





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Quelle heure était-il à présent ? 4h30 ? Non, Anna n’était pas dans la cabine depuis si longtemps. Plutôt 4h15. Si elle s’endormait maintenant, son horloge biologique la réveillerait dans moins de deux heures. Son corps avait son rythme, ses habitudes. La militaire ne pouvait rien faire contre ça. Au moins, après une nuit à être restée éveillée, l’adrénaline prenait le relais. Et l’idée de retrouver la solitude de sa cabine, son questionnement habituel et ses cauchemars ne lui faisait guère envie. Alors que dans cette petite pièce, elle commençait à se détendre et se laisser aller.

Son regard brun se releva vers les yeux de Matthew. Bien plus grand qu’elle, mais ça elle l’avait remarqué dès le début. Sa carrure à lui l’intimidait alors que bon nombre de ses hommes avaient les mêmes proportions.

« Vous devriez penser à vous reposer, Boss. Vous avez toute une installation à gérer chaque jour et je ne voudrais pas que vous manquiez de lucidité. »

C’était déjà un peu tard. Elle avait manqué de lucidité en entrant ici et en avait manqué plus tôt dans la journée. L’officier se doutait que l’Américain eût dit cela pour paraître amical, mais qu’il avait fait le même constat. Elle répondait à son sourire par un autre, identique ou presque.

« Vous n’aimeriez pas être aperçue à sortir de la chambre du paria que je suis lorsque l’enceinte s’éveille. »

Vous n’aimeriez pas être aperçue à sortir de la chambre du paria que je suis lorsque l’enceinte s’éveille.
Les lèves-tot seront hors de leur lit dans une heure et demie, minimum. Mais l’homme avait raison, si Anna voulait éviter une chose, c’était bien que chacun commence à parler de sa vie privée dans les couloirs. Mais il lui semblait également qu’il était trop tard pour s’en inquiéter : son entrée dans la cabine avait été bruyante et les murs étaient trop fins pour retenir les voix. Les voisins de chambre avec le sommeil léger étaient déjà au courant et allaient de toute façon faire courir des rumeurs.

Matthew bougea. Il s’était approché. Trop près, vraiment trop près. Instinctivement, Anna recula mais senti le mur contre son dos. Voulait-il lui faire comprendre qu’elle devait partir maintenant, que sa présence n’était pas et n’avait pas été désirée ? Ses yeux plongeaient toujours dans les siens, mais elle ne souriait plus à présent. Si elle ne se retenait pas, son visage aurait une expression d’enfant apeurée par une situation sans issue. Sa pudeur l’obligeait à feindre la détente mais elle doutait d’être franchement convainquant. Sa mâchoire était trop serrée et son regard trop immobile pour faire croire qu’elle savait comment gérer cette situation. Ses jambes étaient soudainement glacées, comme si le sang les avait quittées. Lui, en revanche, semblait totalement à l’aise.

« Mais vous pouvez revenir demain soir, peut-être plus tôt. »

La militaire était troublée par le comportement de son vis-à-vis, cherchant à savoir s’il lui disait de sortir par politesse ou s’il avait envie de solitude. Sans détourner le regard ni même bredouiller, Anna lui répondit.

« Si vous voulez que je parte, dîtes-le, sinon je pense être assez grande pour me gérer moi-même. »

Prise d’une soudaine assurance, Anna lui fit un clin d’œil qu’elle regretta après. C’était trop familier, oui, beaucoup trop. Surtout de la part de quelqu’un qui avait tranché en faveur du vouvoiement. Sous la confusion, ses joues prirent une légère teinte rosée. Elle jouait à quoi au juste ? Que cherchait-elle à faire ? L’officier mourrait d’envie de finir cette conversation et de sortir au plus vite. Mais… Mais elle se retrouvait coincée entre le mur et Matthew. Pour passer la porte, elle devait se rapprocher de lui, hors elle ne s’en sentait pas capable après ce débordement. Instinctivement, ses yeux balayèrent la pièce comme pour chercher une issue mais, se rendant compte de l’absurdité de ce réflexe dans un moment pareil, ils fixèrent à nouveau les yeux bleus. Elle ne réussit pas à retenir son regard de gamine impressionnée. Beaucoup trop intimidant…  

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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Mar 27 Oct - 14:58

Décidément, il ne savait vraiment pas comment il fallait se comporter avec la Commandante. Elle ne correspondait à aucune femme. Plus compliquée. Plus bornée. Elle en était aussi attachante qu’agaçante. D’une certaine façon, c’était ce piquant qui lui plaisait tant. Elle mordait. Elle griffait. Elle était toujours sur le point de l’attaquer quand il ne faisait aucun geste brusque. Elle ressemblait à ces animaux apeurés qui ne faisaient pas confiance à un seul être humain.

Quel bout de femme !

Soudainement, elle avait sorti les crocs plus fort que jamais. Sûrement s’était-elle sentie agressée ou atteinte par son nouveau geste car, alors qu’il laissait deux pas de distance, elle s’était montrée brutalement sous le jour qui lui connaissait bien plus. Cette femme forte qui ne voulait pas perdre le contrôle. Qui avait peur de ne pas avoir le contrôle, même. Pourtant, dans les paroles qu’elle lui échangea, Matthew comprit bien que tout avait changé. Ce n’était plus le même ton agressif qui donnait des ordres, mais une forme de colère brusque, mal contrôlée. Elle n’était plus autoritaire et se défendait presque de sa présence au sein de la cabine.

D’autant qu’elle s’était permise un clin d’œil que le soldat n’arrivait pas à comprendre.

Pourtant, plus que tout, Matthew voulait lui faire savoir qu’il ne lui voulait aucun mal. Bien sûr, il avait eu sa première mission qui l’avait conduit au sein de Paris. Mais il n’était plus un soldat américain. Encore fallait-il qu’il existe une Amérique, ce dont il doutait au vu de la France. Sa nouvelle mission, choisie et décidée par ses propres soins, était d’assister l’Espoir au mieux de ses capacités. Anna représentait cette hiérarchie militaire.

_ Je préfère que vous restiez, Boss. », lâcha-t-il trop promptement. Une phrase trop franche, trop directe. Il l’avait dit de façon sérieuse, sans ce brin amusé qu’il avait toujours à la face. Son regard avait même étincelé d’une lueur différente durant un court instant. Puis, reprenant son air habituel, à la fois plus moqueur et enjoué, il prononça encore quelques mots. « Merci d’être venue. C’est un vrai plaisir d’être en votre compagnie, Anna. »

C’était bien la première fois qu’il se permettait une telle forme de familiarité. Pour la première fois, il ne lui donnait pas un titre ou ne l’appelait pas par son nom de famille mais il lui donnait un prénom, reconnaissant parfaitement qui elle était. Elle n’était pas qu’une militaire.
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MessageSujet: Re: How'd I wind up here again? - Matthew {Terminé}   Mer 28 Oct - 0:13





How'd I wind up here again?
« It's like I'm always getting blood on my hands. You take me to the edge. You push me too far. »
Matthew ne tenta pas de s’approcher plus près de l’officier, ce qui lui laissa le temps de s’y habituer. A vrai dire, le processus avait commencé depuis ce matin, Anna refusait juste de le voir. Elle ne voulait pas admettre que cet homme pouvait rentrer dans sa routine si facilement. Parce qu’elle se devait d’être inaccessible, de coller à son image de supérieur froide, comme si elle la subissait. Pourtant, si la militaire lui avait adressé ce clin d’œil, c’était que la façade se fissurait.

« Je préfère que vous restiez, Boss. »

Anna s’adoucit instantanément. Lui permettre de comprendre la situation, c’était l’apaiser. D’un autre côté, la rapidité avec il avait répondu ne lui avait pas échappé. Elle se demandait si lui aussi ne sentait pas que la situation lui échappait. Alors, qui était aux commandes ? Ses yeux cherchaient une réponse dans les siens.

« Merci d’être venue. C’est un vrai plaisir d’être en votre compagnie, Anna. »

Son regard vacilla sous la surprise, ses lèvres s’entrouvrirent comme si elle allait prendre la parole, mais n’en fit rien. Ce n’est que lorsqu’elle referma la bouche qu’elle remarquait s’être avancée d’un pas sous l’étonnement. Elle pouvait sentir l’odeur de l’Américain. Oui, les deux soldats s’étaient déjà retrouvés si proches, mais ils étaient alors équipés et… Et c’était différent. Les yeux bruns se baissèrent. Personne n’avait le contrôle, elle l’avait sa réponse. Anna se surprit à penser à s’approcher encore, pour sentir sa chaleur. Putain, la fatigue avait un drôle d’effet sur elle. Instinctivement, elle se toucha le front de la main gauche et ferma les yeux. Une inspiration, deux. Fichez le camp. Ces pensées ne pouvaient pas lui appartenir. Sa tête lui criait de dégager de là pour ne plus revenir. Rien de bon ne sortirait de cette soirée. Elle allait s’excuser et partir comme une voleuse.

« J… »

Ok, impossible de sortir un mot, comme une lycéenne. Elle eut un petit rire, se moquant d’elle-même.

« Excusez-moi. »

Le petite rire se transforma en fou rire. Elle ignorait la raison, mais mon dieu que ça faisait du bien. Les militaires des chambres adjacentes devaient se demander ce qui se passait, mais impossible de se calmer. C’en était juste trop, elle se libérait une bonne fois pour toutes les contraintes qu’elle s’imposait à elle-même. Il avait fragilisé la coquille en la nommant par son prénom et maintenant l’officier elle-même arrachait ce qu’il restait, ce rendant compte que le seul effet était de la mettre mal à l’aise et de la rendre ridicule.

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