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 Médocs en maraude [PV Sanguine]

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MessageSujet: Médocs en maraude [PV Sanguine]   Lun 11 Avr - 17:10

Médocs en maraude

Le jour venait tout juste de se lever.

Enfin de ce qu’il me semblait. Difficile à dire tant les nuages noirs et de poussières c’étaient amoncelés dans le ciel. Un monde de suie … Tout était gris. La pluie froide tombant drue sur mon visage me faisait le plus grand bien. Apaisait un peu le mal de crane phénoménal qui, après une nuit de beuverie, avait fait son apparition. Je fermais les yeux, me concentrant sur mon ouïe. Les clapotis de l’eau tombant sur le bitume froid du toit de l’usine, s’écoulant dans les gouttières me semblaient être la plus belle des mélodies. Un timide sourire apparu sur mes lèvres.

Le calme avait remplacé le bruit perpétuel des Hyènes et ce n’était pas pour me déplaire. A croire que le silence en effrayait plus d’un… Sans doute renvoyait-il certains membres dans les premiers temps de cette apocalypse où la solitude et la peur perpétuelle étaient leurs uniques compagnes de route. Pour moi, le silence était souvent un allié. Sans lui, difficile de percevoir les menaces éventuelles qui pouvaient fondre sur nous brusquement. De même, pour surprendre l’ennemi, autant être aussi furtif qu’un rat. Et puis franchement, parfois mieux valait se la fermer que de parler pour rien dire ou déblatérer des conneries comme certains savaient si bien le faire. Le silence permettait également d’éloigner certains gêneurs et les embrouilles aussi inutiles que sanglantes.  

Douce pluie...

J’abaissais ma nuque, la laissant aux prises avec les éléments. Ce qui acheva de me réveiller et de dissiper les dernières brumes qui me maintenaient dans un état de légère euphorie. Bon dieu, cela avait été un sacré cirque hier soir ! Quelques bribes de souvenirs me revenaient, mais la plupart demeuraient ténébreux… Je fronçais les sourcils : hum, ça ne me plaisait pas des masses. Espérons que ça me revienne, les trous noirs de ce genre n’étant vraiment pas ma tasse de thé. Remarque, au moins je m’étais réveillée seule dans mon lit… Je soupirais. Me redressant, je commençais à m’étirer et à m’échauffer. Bon dieu ce mal de crane ! A croire qu’un parasite s’amusait à tambouriner ma tête.

Ayant achevé ces premiers exercices, je descendis au rez-de-chaussée et me mis à faire un footing sur le parking de l’usine. Les Hyènes commençaient peu à peu à émerger de leur abri quand je m’arrêtais de courir. Je n’avais cessé de serrer les dents à cause de mon mal de tête et je me demandais sérieusement si je serais capable de m’entrainer correctement aujourd’hui. Obstinée que je suis, je m’éloignais encore des bicoques faites de bric et de broc et me dirigeais vers le punching-ball bricolé de mes mains. Un vieux poteau électrique à demi-effondré m’avait permis d’y suspendre un gros sac en toile remplis de gravier à l’aide d’une corde. Ça ne durerait pas, mais pour le moment il fessait son office. C’était devenu une habitude depuis un an et demie. Tous les jours, je venais m’entrainer ici, seule ou avec les personnes partageant la même passion que moi. Resserrant les bandages autour de mes poings, je commençais à enchaîner les coups.

Je me sentis immédiatement mieux.

Vingt minutes passèrent, quand j’entendis alors un éclat de voix non loin de l’endroit où je me trouvais. Curieuse, je me stoppais. Les voix continuaient de retentir dans le silence ouaté. Ça semblait tendu.

Me rapprochant furtivement, je finis par me cacher derrière la carcasse d’une voiture. Il y avait là deux hommes. Je reconnus immédiatement un des membres affectés à la tenue de la réserve. J’avais souvent eu affaire avec lui quand je revenais de mission pour lui donner les ressources que j’avais pu dénicher. L’autre en revanche m’était inconnu. Je ne me souvenais même pas de l’avoir jamais croisé.

« Et comment on va faire, hein, si Cratos ou Yo finit par s’en apercevoir ? On va se faire tuer et ce sera lent, très lent ! Te rends-tu compte ? Je ne sais pas ce qui me retient de t’étriper immédiatement ! »

« Mais, purée puisque je te dis que je n’ai rien vu ni ne me suis aperçu de quoique ce soit ? » Beugla en réponse, l’inconnu. « Je ne me suis éloigné de la réserve qu’une ou deux fois pour aller pisser un coup, je ne me suis pas bourré la gueule, j’ai même pas dormi ! Et rien, que dalle ! Tout semblait normal ! »

Oulalalala ! Qu’est ce que c’était que ça ? Mon instinct me soufflais qu’un truc pas net c’était produit. Tout événement lié à la réserve était soit une bonne chose, soit tout l’inverse. A les entendre, la deuxième option était la plus probable.

« AH ! Pour ne rien voir ni entendre, ça c’est sur ! Heureusement que je vérifie les stocks et que je me sois aperçu que les médocs ont tendance à prendre leur jambes à leur cou depuis une semaine ! C’est pas avec un idiot dans ton genre qu’on l’aurait remarqué ! » Reprit le premier en provoquant son interlocuteur.

« Tu vas fermer ta sale gueule ! Qui dit que c’est pas toi qui choure en douce les médocs ?! »

Les deux hommes se reprochèrent dangereusement, le faciès rouge et les poings serrés. Ni une ni deux, je sortis de ma cachette et m’interposais entre les deux hommes. Cette affaire était à prendre au sérieux et m'intriguait.

« Que se passe t-il ? » Fis-je simplement.

« Mais t’es qui toi sale conne d’abord ?! »

« Ferme ta gueule où je t’explose le crane » Répliquais-je, diplomatiquement. Étranglant à moitié l’inconnu, je l’avais rapproché de mon visage d’un coup en agrippant le col de son T-shirt. Ce dernier ce calma immédiatement.

Je le lâchais brutalement et il tomba au sol. Sans plus me préoccuper de lui, je me tournais vers celui que je connaissais.

« Tu es Sarrah c’est bien ça ? Je te reconnais. » Repris le deuxième.

J’acquiesçais :
« Qu’elle est cette histoire de médicaments disparus ? »

L’homme me dévisagea quelques secondes, me jaugeant. Finalement, il soupira.
« Ça doit faire une semaine que je m’aperçois que le stock de médicaments diminue d’une manière inhabituelle. Que le stock de médicaments. En ce moment, c’est plutôt calme. Pas de grosses blessures, pas d’épidémies. Normalement la quantité ne devrait pas ou peu varier comme nous les gardons qu’en cas de grosse urgence. C’est pour ça que ça m’a alerté. Ce sont des petites quantités certes, mais prises chaque jour. Du coup, on n’est pas loin d’atteindre le seuil de sécurité. Si le moindre truc d’envergure nous arrive, on est dans la merde pour faire clair. J’en ai parlé à personne à part cet abruti parce que je n’étais pas sûr et que bon… Cratos et Yo ne sont pas connus pour leur bienveillance … Bref, cet idiot devait se charger de surveiller la nuit la réserve. » Dit-il en désignant dédaigneusement l’autre au sol. « Visiblement, il n’est pas très efficace, les vols se poursuivant. Et pourtant, la salle est sous verrou la nuit ! Je ne sais plus quoi faire pour stopper ça… ».

L’inquiétude dans ces yeux semblait sincère et il y avait de quoi pensais-je. Joli scénario catastrophe. L’inconnu c’était relevé, penaud.

« Et toi tu n’as vraiment rien vu ? » Geste de dénégation. « Pas de bruits étranges, étouffés, d’ombres ? Rien ? »

Encore une fois, il fit non de la tête avant de se reprendre.
« Peut-être, commença t-il la mine sérieuse, peut-être qu’à un moment j’ai eu la sensation d’être observé et il y a eu comme un BOOM étouffé. Mais j’ai pensais que c’était un fêtard qui c’était pris le mur ou la porte de la réserve. Donc, je n’ai pas cherché plus loin. »

Ah … J’échangeais un long regard avec l’intendant.
« Je ne dirais rien si vous me laissez prendre les choses en main. Laissez-moi monter la garde cette nuit dans la réserve. Je vais chopper ce voleur, quel qui soit. J’ai pas vraiment envie de crever par manque de médocs. »


Ils hochèrent la tête.

_______________________________________________________________________________

Le soir même, je m’installais dans la réserve, cachée dans un coin dans un gros carton à petits trous, mais bien en vue de l’armoire vitrée ou était entreposé les médicaments et autres ustensiles médicaux. Tout était plongé dans la pénombre. Seuls de petits trous en hauteur dans les murs permettaient à un peu de lumière de filtrer à l’intérieur. Le début de la nuit se passa tranquillement. On entendait au loin le tapage des Hyènes en fête et quelquefois le bruit de pas d’ivrognes retournant dans leur quartier.

Rien de plus.

Les bruits se firent alors de moins en moins distincts au fil de la nuit qui passait. C’est alors qu’un son incongru arriva jusqu’à mes oreilles. En alerte immédiate, je jetais des regards de droite à gauche. C’était le bruit d’une dalle en taule ou en métal qu’on déplace. Pas des plus discrets. Une ombre se profila à gauche et se présenta droit dans mon champ de vision. Sans en attendre plus, je surgis de ma cachette de fortune et bondis sur l’intrus. Une lampe torche dans la bouche, je le plaquais violemment au sol. Il était étonnamment petit. Le saisissant à la gorge d’une main, j’allumais la lampe et la braquais sur le visage du voleur.

Mes yeux s’écarquillèrent de surprise face au visage que je découvrais.



Dernière édition par Sarrah le Mar 12 Avr - 13:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Médocs en maraude [PV Sanguine]   Lun 11 Avr - 21:54

Un éternuement sonore retentit dans le tunnel cylindrique, résonnant contre les parois et faisant fuir les rats présents.
Sanguine s’essuya le nez d’un revers de manche en pestant contre l’humidité et le froid ambiant. En général elle n’avait rien contre les égouts mais celui ci était particulièrement désagréable à traverser, surtout par temps de pluie. De l’eau suintait des murs et du plafond, tombant de temps à autre sur la capuche abaissée de la fillette. Déjà qu’elle avait prit la flotte à l’extérieur, voilà qu’elle était en train de se chopper un coup de froid à cause de toute cette fichu humidité. Mais qu’est ce qu’il lui avait prit de mettre les pieds dans un cloaque pareil.
A vrai dire, elle avait une véritable raison.
Tout en marmonnant des paroles peu polies à l’encontre de l’humidité ambiante, Sanguine se remémora ce qui l’avait attirée ici.

Trois jours plus tôt, alors qu’elle était sortie prendre l’air sur le parking en pleine nuit, étouffée par sa chambre remplie de Hyènes au ronflement rendu sonore par l’alcool, elle avait cru percevoir une ombre se faufiler derrière les grilles de l’usine. Intriguée et suspicieuse, elle s’était approchée à pas de loup du grillage qui entourait le parking de l’usine et avait scruté les ombres de la nuit. Et c’est là qu’elle l’avait aperçu : une silhouette écroulée dans une cape, la tête masquée par une capuche qui se glissait entre les carcasses de bâtiments et de voitures aux alentours de l’usine. Un membre des Hyènes ? Sans doute pas, sinon pourquoi se cacher ?
Silencieuse et immobile, Sanguine avait observé l’intrus se rapprocher d’un ruisseau asséché un peu en contrebas puis se glisser à l’intérieur d’une entrée d'égouts. Surprise, elle s’était demandé qui pouvait bien être cette personne et pourquoi il tenait tant à plonger dans les tuyaux puants de Paris.
Trop curieuse et méfiante pour laisser de côté cette histoire, elle s’était hissé sur une voiture et avait patienté plusieurs minutes. Après un temps qu’elle aurait eu du mal à calculer et alors qu’elle s’était apprêtée à laisser tomber tant l’ennui de l’attente l’avais refroidie, elle avait finalement aperçut de nouveau la silhouette. Celle ci était sortie par le même endroit, tenant quelque chose roulé sous sa cape. Toujours dissimulée, Sanguine avait tenté de distinguer son visage, ou même la forme de son corps qui l’aurait renseigné sur son sexe, mais l’inconnu avait rapidement disparu dans les ombres de la nuit.
Frustrée, Sanguine n’en avait pas démordu et, dès le lendemain, elle s’était proposée pour prendre le tour de garde tard dans la nuit, sur le toit de l’usine. Là, installée contre le muret, équipée des jumelles de guetteur, elle avait passé une bonne partie de sa surveillance à observer les alentours de l’emplacement où elle avait vu l’intrus la veille. Et au beau milieu de la nuit, alors que les bruits des Hyènes dans l’usine s’étaient tuent peu à peu, l'encapuchoné avait refait son apparition. Sanguine ne l’avait pas quitté d’une semelle, le suivant de loin avec ses jumelles. L’intrus avait effectué le même manège que la veille, entrant discrètement par le conduit d’égouts. La rouquine avait hésité. Devait elle lancer l’alerte ? Ses instructions l’auraient voulu, mais elle était trop curieuse pour se contenter d’obéir bêtement. Et puis techniquement l’inconnu n’avait pas passé l'enceinte de l’usine. Mais que faisait il ici ? Qu’est ce qu’il cherchait.
Comme la veille, l’intrus drapé dans sa cape était ressorti une bonne demi-heure plus tard, tenant quelque chose contre son torse. Cette fois encore et ce malgré les jumelles, Sanguine n’étais pas parvenu à dévoiler son identité et avait seulement pu remarquer que l’intrus possédait une carrure assez fine et des mouvements agiles.
De plus en plus intriguée par cette histoire, elle avait prit une décision. Le lendemain, avant l’heure d’arrivée de l’intrus, elle irait elle même dans ce fameux tunnel pour voir où il menait et s’il le fallait, elle attendrait ce type pour lui faire cracher le fin mot de cette histoire.

Cette décision validée, dès le lendemain soir, elle s’était équipée d’une lampe torche, de son masque à gaz, son canif et sa batte, ainsi qu’une vieille bombe de peinture empruntée à Zack pour marquer son chemin. Puis, alors que la plupart des Hyènes faisaient la fête, elle était sortie sur le parking, se faufilant dehors sans se faire attraper par l’homme qui surveillait l’entrée en sirotant une bière.
Retrouvant facilement le chemin, elle s’était retrouvée à son tour devant le tunnel qui marquait l’entrée des égouts. Le cylindre de béton était haut de deux mètres environ et une odeur nauséabonde de déjections, de pourriture et de produits chimiques s’en dégageait. Rien d’inhabituel pour Sanguine en somme. Elle avait l’habitude de s’infiltrer dans des endroits encore plus immondes que ça. Qui plus est, tant que ce n’était qu’une odeur et pas des vapeurs toxiques, elle n’aurait pas besoin de mettre son masque à gaz.
C’est sur cette pensée qu’elle s’était engouffré dans le tunnel sombre, allumant sa lampe pour y voir un minimum.
Les premières minutes, elle avait seulement marché en ligne droite, suivant le chemin de l’égout crasseux au milieu des rougeurs et de l’humidité. Et finalement, ses pas l’avait menée à une intersection. Là, elle avait froncé les yeux. Ça allait être dur de deviner quel chemin avait emprunté l’encapuchoné. Elle avait serré les dents de frustration. Abandonner si vite ? Hors de question ! Tant pis, elle attendrait ici que l’autre type pour “l’interroger” sur le but de tout ça.
C’est alors que le faisceau lumineux de sa lampe torche avait éclairé un étrange point vert sur le mur. En se rapprochant, elle s’était aperçu qu’un petit cercle discret avait été dessiné avec de la peinture sur les pierres du tunnel de gauche. La peinture était trop propre pour que la marque soit très ancienne. Un sourire satisfait et sauvage avait étiré les lèvres de Sanguine.

Et à présent elle progressait dans les égouts depuis plusieurs minutes, brandissant sa lampe pour traquer à chaque intersection pour traquer les taches indiquant la direction à suivre. Mais là elle commençait à en avoir sérieusement marre de ce tunnel glacial. Elle tenait à résoudre ce mystère mais pas au point de crever de froid dans cet égout puant.
Comme pour répondre à son impatience, le tunnel s’arrêta soudain sur un cul de sac. En éclairant le mur du fond, la fillette révéla de vieux barreaux de métal qui menaient à une bouche d’égout. Celle si semblait condamnée et une plaque de tôle la recouvrait. Pourtant, en éteignant sa lampe et plissant les yeux, elle remarqua qu’un très fin rayon de lumière apparaissait à un endroit de la plaque, preuve que quelqu’un l’avait déplacé, ou au moins avait commencé à créer une ouverture.
Il fallait qu’elle en ait le coeur net. Elle rangea sa lampe dans la sacoche à sa ceinture et commença à gravir l’échelle fixée au mur. Elle s’était attendu à ce que les barreaux soient plus humides et glissants, mais ils semblaient étrangement secs à plusieurs endroit, preuve qu’on les avait utilisés plusieurs fois récemment. Grimpant agilement, elle arriva rapidement à la bouche de sortie. Elle fronça les sourcils, celle ci semblait s’ouvrir par le dessous à l’aide d’un système de crochet et le crochet en question était à moitié défait. Elle s’activa à le défaire et baissa la tête pour ne pas se prendre la grille de métal qui s’ouvrit comme prévu par l’intérieur et ballotta sur ses joints en grinçant.
Sanguine prit une grande inspiration. Elle s’attendait à tout. D’un geste déterminé elle poussa la plaque de tôle vers le haut. Elle dû mettre tout son poids pour la déplacer sur le coté, fixant ses cuisse à l’intérieur des barreaux pour ne pas tomber. Finalement, la plaque bougea, libérant l’accès vers le haut. Sans plus attendre, la rouquine se hissa à l’extérieur de l’égout, impatiente de découvrir où menait le passage.
Lorsque ses yeux s’habituèrent à l’obscurité après quelques secondes, elle s’aperçut alors qu’elle était dans une pièce en longueur remplie d’étagères où étaient stockés toutes sortes de trucs triés : nourriture, armes, médicaments, vêtements… La surprise marqua le visage de la fillette. La réserve des Hyènes ! Elle la connaissait bien pour y avoir chipé de la térébenthine la semaine passée. Cette histoire avait l’air d’aller plus loin que ce qu’elle avait pensé.
Elle fit quelque pas dans la réserve en réfléchissant à la suite.
Tout se passa en un éclair. Une ombre surgit d’un gros carton et lui bondit dessus. Totalement surprise, Sanguine n’eut pas le temps de faire le moindre mouvement d’esquive et se retrouva violemment plaquée au sol. Une main se serra autour de son cou et une lumière inonda son visage, la rendant aveugle.
Les dents serrées, elle se mit à se débattre, mais l’inconnu l’avait solidement immobilisée et seuls ses jambes battirent dans le vide. La lumière l’obligeait à plisser voir fermer les yeux et elle ne parvenait pas à distinguer son agresseur. Le mystérieux rôdeur ? Si tôt ?
Impuissante sous la poigne de son adversaire, elle saisit le bras qui la tenait par la gorge et se mit à l’invectiver.

“ Lâche... moi fils de chien ! J’vais t’éventrer ! Les Hyènes vont… te faire la peau t’entends ! “

Elle n’avait que sa langue comme arme mais celle ci était aussi acérée qu’un couteau.
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MessageSujet: Re: Médocs en maraude [PV Sanguine]   Mer 13 Avr - 1:38

Une petite rouquine.

Une fichue petite rouquine qui ne cessait de se débattre, mais peine perdue entre mes bras.

Sacrée surprise !

Des yeux aux pupilles vert-émeraudes, plissés sous le faisceau lumineux de ma lampe, me regardaient avec une rage de vivre qui m'impressionna. Dans le même temps, pour avoir réussi à survivre dans ce monde, il fallait en avoir dans le ventre et surtout à son âge. Et cette fureur de vivre qui brillait sauvagement dans les prunelles de cette petiote me plaisait. Beaucoup.

Bien loin des chiourmes que j'avais pu croiser appartenant aux sauveurs… Oh oui, bien loin. Ici pas de pleurs au moindre souffle de vent, pas de bave à la bouche, pas de morve ni de collage de basket. Seulement une volonté indomptée et peut-être un brin barrée, quoique je m'avance peut être.

Dans tous les cas, pourquoi était-elle ici ? Était-elle la voleuse ? Comment c'était-elle introduite ici ?

Il fallait que j'en ai le cœur net. Gamine ou non, si elle en était mêlée, j'étais prête à tout pour percer ce mystère et éloigner toutes menaces des Hyènes. Encore fallait-il que je puisse lui tirer les vers du nez…

Bon dieu ! Quelle énergie !

Tout en continuant de gesticuler dans tous les sens, la rouquine me saisit le bras et m'invectiva copieusement :

«  Lâche... moi fils de chien ! J'vais t'éventrer ! Les Hyènes vont… te faire la peau, t'entends ! »

Si mes yeux pouvaient sortir de mes orbites, ils l'auraient fait à l‘écoute des mots qu'elle prononça. Involontairement, ma stupéfaction se transmit à mon corps et je relâchais légèrement la pression sur sa gorge.

Était-ce une blague ? Une technique de diversion ?

Pourtant, je n'avais lu aucune hésitation, aucune trace de mensonge dans l'intonation de sa voix et dans ses yeux vrillés sur moi. De plus, son rythme cardiaque n'avait pas varié d'un iota. Un rapide examen des parages me confirma qu'il n'y avait personne d'autres dans la pièce.

Je reportais alors mon attention sur le microbe. Une Hyène… Remarque, son visage me disait quelque chose… Je glissais alors ma main de son cou au col du gros sweat qu'elle portait. Ce faisant, je la soulevais pour rapprocher son visage du mien et ainsi mieux la contempler. Des tâches de rousseur sur ses joues et son nez, une chevelure d'un roux sombre rassemblée en deux couettes de longueur inégale et la garde d'une batte de base-ball dépassant de son dos. Une batte de base-ball… C'est alors que je la reconnue : cette gamine je la croisais quelques fois dans le camp ! Elle traînait souvent avec une bande de Hyènes que je connaissais de vue. Souvent, elle brandissait cette batte et brassait l'air en tout sens dans les cas où elle ne courrait pas vers une destination qu'elle était seule à connaître. Ma mémoire me jouait parfois des tours : difficile de ne pas remarquer une enfant de son âge dans cet antre de l'hédonisme. Présence totalement incongrue.  

Ma curiosité en fut renforcée.

Mon cerveau fumait. Et avec le reste de mal de crane qui continuait d'insidieusement faire effet, ce n'était pas de la tarte. Quelque chose me disait qu'il fallait que je fasse un choix et rapide. Quelque chose clochait. Pourquoi tenir ce genre de propos si elle était coupable des vols ? De plus, elle était quand même pas mal reconnaissable. Vraiment, évoquer le clan ne cadrait pas avec le contexte et l'idée que je me faisais de ce voleur. Enfin, avoir aussi facilement attrapé ce chapardeur me laissait un peu dubitative. Même le garde de l'intendant l'aurait facilement  appréhendé… A moins d'être un benêt complet mais l'intendant l'aurait su. Il n'était pas stupide.

Je pris alors ma décision.

De toutes les manières, rien ne m'empêchait de changer d'avis si les événements me prouvaient que j'avais tort. On ne peut jamais faire demi-tour avec nos choix, mais changer de trajectoire à tout moment était possible. Une leçon que la vie m'avait inculquée. Une de plus.

« Et bien écoute, nous serons deux à éventrer le salopard qui pille nos réserves. » Répondis-je calmement à la rouquine.

Cette dernière réagit aussitôt. Toujours aussi proche de mon visage, je sentais son souffle abondant sur ma peau. Je la reposais sur le sol, un peu plus doucement. Cependant, je la maintenus fermement sur le sol pour l'empêcher de trop bouger.

Je voulais qu'elle m'écoute. Et c'est ce qu'elle allait faire si elle souhaitait améliorer sa situation. Rien ne disait également que quelqu'un d'autre ne vienne, et il me fallait être prête à l'accueillir le cas échéant.


Il était temps que je me bouge et que le monde me suive dans mon mouvement.

Laissant quelques instants de répit à la jeunette pour qu'elle médite mes propos, je me penchais doucement vers elle qui était toujours au sol et illuminée par la lampe. Brutalement, je redressais cette dernière sur mon visage pour qu'il lui soit bien visible. Je fermais mon visage intentionnellement pour qu'il ne soit plus qu'un masque lisse et froid. Encore plus que d'habitude devrais-je dire. Je plantais fermement mon regard dans le sien, y distillant froideur, dureté et menace sous-jacente.

Enfin, je pris la parole, d'une voix la plus cassante et sèche possible pour bien faire passer un message à la petite Hyène : j'avais momentanément sa vie entre mes mains, qu'elle s'avise de me faire la moindre entourloupe et s'en serait fini d'elle.

« Rouquine, tu vas faire tout ce que je dis. Je vais relâcher mon étreinte et te permettre de te relever. Tu auras alors deux minutes pour me convaincre que tu n'es pas la voleuse de médocs du clan des Hyènes. Si passé ce délai, je n'ai pas d'éléments satisfaisants me permettant de comprendre ce que tu fous ici en pleine nuit, je te tue. » Sur ces dernières paroles, j'appuyais fortement sur sa cage thoracique en transférant mon poids sur le bras qui la tenait. « Est-ce clair ? Au moindre mouvement louche de ta part, je te brise la nuque. Est-ce clair ? Hoche de la tête si tu es d'accord. »

Une petite voix intérieure me soufflait que la rencontre avec ce petit singe roux n'était qu'une première étape… Mais une étape à quoi ? Ce cirque promettait… A cette pensée, une étrange excitation m‘étreignit le cœur. Celle de se savoir chasseur. De se savoir instigateur d'une traque qui s'annonçait belle et pleine d'adrénaline.

J’avais bien fait de me mettre en tenue de combat.

Un sourire carnassier se dessina sur mon visage tandis que j’attendais la réponse de l’enfant sous moi.

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MessageSujet: Re: Médocs en maraude [PV Sanguine]   Mer 13 Avr - 11:10

La situation n’était pas rose pour Sanguine. Maintenue au sol par la poigne puissante d’un inconnu qu’elle soupçonnait être le voleur, elle parvenait par à lui faire lâcher son cou malgré se invectives et les ongles qu’elle tentait d'enfoncer dans sa peau. Elle aurait pas du les couper la veille…
Pourtant malgré sa position difficile, la fillette n’en démordait pas et continuait à lutter férocement, se secouant comme une diablesse prise dans l’étau. A ses premières paroles, elle avait sentie la force autour de sa gorge se desserrer un peu, assez pour lui permettre de respirer mais pas pour lui autoriser un échappatoire. Et puis cette lumière braquée sur son visage qui l’aveuglait… Elle n’arrivait même pas à distinguer son agresseur à cause d’elle !
C’est alors que la pression sur son cou se relâcha sans prévenir, aussitôt remplacée par une poigne autour de l’avant du col de son sweatshirt. L’inconnu l’attira alors à lui avec une force implacable et Sanguine se retrouva le nez quasiment collé à celui de son agresseur.
La rage dans se yeux devint surprise alors qu’elle découvrait enfin le visage de son attaquant. Ou plutôt, son attaquante.
La jeune femme qui lui faisait face n’avait pas vraiment l’apparence à laquelle elle s’était attendue de la part d’un voleur. Un visage fin et tranché encadré de cheveux courts en totale anarchie qui mêlaient le blanc et le rouge; des yeux d’un bleu azur emplis d’une froide colère et d’une volonté de fer; des percings et tatouages en veux tu en voilà disposé sur un corps musculeux qui traduisait une habitude de combat. En résumé une apparence assez… cool aux yeux de Sanguine qui était plus habituée à voir ce genre d’apparence au sein des Hyènes que chez un vulgaire voleur. Enfin il fallait de tout pour faire un monde.
Pourtant… Ce visage ne lui était pas inconnu… Elle aurait presque juré.
Enfin, connue ou pas, si c’était elle la voleuse elle se trouvait de l’autre coté de la barrière et donc son ennemie. La rouquine répondit alors à son regard brûlant par un tout aussi agressif rempli de sa fureur habituelle, comme si ses yeux pouvaient transpercer ceux de son adversaire. Son souffle s’accéléra, non par peur mais sous l’effet de cette soudaine montée d’adrénaline qu’elle avait souvent lorsque la tension du danger devenait palpable.
Mais alors, la jeune femme répondit une phrase qui finit de plonger la fillette dans la stupéfaction.

“ Et bien écoute, nous serons deux à éventrer le salopard qui pille nos réserves. ”

Sanguine écarquilla des yeux plein d’incompréhension. La femme avait parlé calmement et sans la lâcher ni du regard ni du sweat. Est ce qu’elle se moquait d’elle ? Non ça n’avait pas l’air. En plus quel intérêt elle aurait eu à le faire ? Même si la rouquine avait du mal à l’admettre, c’était elle qui avait le dessus dans la situation actuelle. Alors mentir maintenant ?
A force de scruter les détails du visage de sa geôlière, une image, un souvenir, s’imposa à son esprit enflammé. L’image prit forme et soudain elle se souvint. Mais oui ! Elle savait où elle l’avait vu ! C’était la jeune femme qu’elle avait aperçu une fois sur le toit de l’usine en train de frapper un sac pendu ! Elle l’avait aussi vu plusieurs fois dans l’usine, c’était une membre des Hyènes !
Alors là Sanguine n’y comprenait plus rien. Qu’est ce qu’elle fichait ici si ce n’était pas elle l’intrus à la cape ? Pourquoi se cacher dans un carton à l’intérieur de la réserve ? Elle devait forcément s’attendre à ce que quelqu’un arrive, ou alors elle était juste dingue.
Quoiqu’il en soit, le regard oscillant entre la surprise et la colère, la rouquine lança :

“ Eh mais… T’es une Hyène ! Qu’est c’que tu... ”

Elle ne termina pas sa phrase car la jeune femme la reposa au sol et approcha son visage tout près du sien, l’éclairant de sa lampe torche et la gratifiant d’un regard dur comme et froid comme le métal d’une lame. De nouveau maintenue à terre, Sanguine tenta, moins rageusement mais tout aussi énergiquement de se débattre et hésita un instant à lui asséner un coup de front dans le nez, se contentant en attendant de répondre à son regard par des yeux aussi perçant que des aiguilles. Que ce soit par les gens extérieurs ou les Hyènes, elle ne s’était jamais laissée faire et ne s’était jamais rabaissée devant un agresseur ou un regard imposant. Et ça n’allait pas commencer aujourd’hui.
La jeune femme prit alors de nouveau la parole et sa voix perdit sa neutralité pour devenir sèche et menaçante.

“ Rouquine, tu vas faire tout ce que je dis. Je vais relâcher mon étreinte et te permettre de te relever. Tu auras alors deux minutes pour me convaincre que tu n'es pas la voleuse de médocs du clan des Hyènes. Si passé ce délai, je n'ai pas d'éléments satisfaisants me permettant de comprendre ce que tu fous ici en pleine nuit, je te tue. Est-ce clair ? Au moindre mouvement louche de ta part, je te brise la nuque. Est-ce clair ? Hoche de la tête si tu es d'accord. ”

La fillette s’apprêta à lui lancer une réplique cinglante doublée d’une insulte mais son attaquante appuya alors fermement sur sa cage thoracique, lui coupant le souffle. A la place ce fut un petit couinement étouffé et rageur qui sortit de sa gorge.
Elle n’avait jamais supporté que quelqu’un lui donne un ordre et elle aurait bien répondu négativement, juste par provocation envers la jeune femme. Mais elle n’était pas stupide non plus et savait qu’elle n’était pas en position de force, tout comme elle devinait dans les yeux de son agresseur, ainsi que dans le sourire sauvage qu’elle arborait, qu’elle ne plaisantait pas en menaçant de la tuer.
Alors la rouquine décida d’appliquer la doctrine qu’elle suivait depuis presque deux ans - tu t’adaptes, tu survies ; tu t'obstines, tu meurs - et hocha finalement la tête, positivement. Il serait toujours possible de lui planter son couteau dans les côtes plus tard si elle retrouvait sa liberté de mouvements.

La pression se relâcha presque aussitôt sur son torse et elle sentit la poigne de la jeune femme la libérer enfin. Elle se redressa sur les genoux et toussota plusieurs fois en frottant son thorax douloureux. Ses yeux d'émeraude fusillèrent alors la femme d’un regard noir. Celle ci semblait attendre ses explication. Sanguine finit par se relever doucement, extirpant discrètement au passage le canif caché dans sa botte gauche qu’elle dissimula dans la manche de son sweat. Si ça devait se finir en combat, pas question de se laisser avoir sans se battre cette fois.
Après avoir examiné son interlocutrice des pieds à la tête et en avoir conclu qu’en cas d’affrontement direct, la taille et la carrure de celle ci lui donneraient un solide avantage, la rouquine prit enfin la parole de sa voix acerbe et insolente habituelle.

“ Pourquoi j’volerais des médocs aux Hyènes d’abord ? J’suis pas stupide moi ! Et puis si j’avais vraiment voulu voler, tu m’aurais jamais entendu arriver. ”

Elle avait prononcé cette dernière affirmation avec une pointe de fierté qui ne diminua en rien le brûlant de son regard qu’elle dardait sur les yeux azurés de la jeune femme, refusant de rompre le contact visuel.

“ J’ai juste suivi la piste d’un type qui faisait des allers et retour par les égouts depuis avant hier et j’ai atterri ici… Mais qui me dit qu’c’est pas toi la voleuse en fait ? Ce type était peut être venu te voir toi. “

Ses yeux se plissèrent avec suspision. Discrètement, alors qu’elle distrayait son interlocutrice en parlant, sa main droite à force de triturer son canif venait de réussir à ouvrir la lame. L’arme toujours cachée dans sa manche, Sanguine tendit tous les muscles de son corps, prête à bondir ou à esquiver une attaque éventuelle. Si cette femme était bien une voleuse, elle même devait être un témoin gênant à ses yeux. Mais dans ce cas, pourquoi ne l’aurait elle pas tuée directement quand elle était à sa merci ?
Dans le doute, la rouquine se tint prête, le visage déterminé, une lueur farouche dans le regard.
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MessageSujet: Re: Médocs en maraude [PV Sanguine]   Mer 13 Avr - 22:36

Aux premiers mots que je prononçais je vis la surprise se peindre sur le visage de la gamine.

Et bien nous étions deux à être abasourdies. Je pressentais qu’elle m’avait reconnu comme moi j’avais pu le faire quelques instants avant elle. Ça n’avait rien d’étonnant : le clan des Hyènes n’avait pas autant de membres qu’on pouvait le penser aux premiers abords, bien que consciemment, la plupart des rumeurs traitant de nous, accentuaient notre nombre. Question de survie. Il fallait instiller la peur auprès des autres clans et des solitaires. Qu’on nous craigne pour éviter des attaques inutiles. Remarque, ça faisait un moment qu’on avait plus entendue parler des Sauveurs, la Citadelle avait subi les bombardements de ces fichus avions mais tenait encore debout, l’Espoir était toujours aussi discrète comme à son habitude, les solitaires se terrant dans leurs trous à l’abri de nos regards…

J’avais de plus en plus l’impression que notre petit monde de survivants foireux était sur le qui-vive. Dans l’attente de quelque chose d’encore innommé. J’étais prête à mettre ma main à couper que les survols incessants en était mêlés. Cependant, cette attente sans durée pesait sur le système de tous. L’alcool, les drogues, le sexe à tout va, apaisaient momentanément cette tension, mais bien vite elle revenait au galop et il était de moins en moins rare de tomber sur des rixes entre membres. Il fallait que quelque chose se passe où cela signifiait le délitement de notre groupe au long terme. Même les sorties de chasse aux infectés étaient de moins en moins fructueuses, s’éloignant toujours plus de notre camps. Bien que ces monstruosités soient encore une préoccupation majeure pour tous, la menace que constituaient les autres groupes devenait de plus en plus prégnante. Surtout de ces fichus avions…

D’où mon inquiétude pour cette histoire de médicaments.

Me recentrant sur la gamine, je sus en la regardant qu’elle cheminait dans ses pensées de la même manière que moi. Qu’elle se posait des questions, pesant le pour et le contre de mes paroles et de ma présence ici. Devait-elle me croire comme moi je le devais pour elle ou bien tout le contraire ? Et si elle se trompait comme je pouvais me tromper ? Cela aurait été amusant si nous nous étions trouvées ensemble dans un autre contexte.  Pour le moment, mes pensées s’accordaient aux siennes, à être dans l’expectative. Nous nous posions mutuellement les mêmes questions et n’arrivions pas à trancher de manière franche. Intérieurement, je me marrais. Colère et surprise se disputant la part du lion dans le regard de la rouquine.

Elle me ressemblait beaucoup quand j’avais son âge ne pus-je m’empêcher de penser.

A ne pas supporter qu’un autre puisse avoir ascendance sur soi. Puisse décider à sa place. Ses gesticulations inutiles sous moi en étaient la preuve, si son regard ne suffisait pas. Pour autant, la maligne était prudente. Il était certain qu’elle aurait pu m’incendier ou agir inutilement pour me nuire. Elle ne l’avait pas fait : elle savait que j’étais en position de force. Ça lui déplaisait énormément, elle devait haïr de se sentir aussi acculée. Mais elle souhaitait vivre. Et se donnait donc tous les moyens pour.

Malheureusement gamine, il arrive que dans la vie, nous soyons obligées d’agir contre notre gré. Mieux vaut faire profil bas quelques temps, avant de revenir en force. Tu as l’air de le savoir de toutes les manières à ton attitude. Dommage que je ne puisse pas te le dire à haute voix, le temps des jérémiades philosophiques n’étant pas venu. Mon message était passé, elle avait hoché de la tête, mais dans ces yeux se lisaient tout le mécontentement que la situation entraînait. Si elle ne me convainquait pas, elle ne se laisserait pas faire. Soit. Il fallait toujours se battre et ne jamais renoncer. Si un espoir subsistait, il fallait le saisir. Cette gamine était de cette trempe, plus survivante dans sa façon d’être que bien des adultes que j’avais connus. Je respectais ça, tout en restant sur mes gardes.

Ma survie passait avant la sienne.

Je me relevais prestement, retirant tout poids de son thorax. La petiote se redressa, frottant sa poitrine en toussant tout en continuant de me fixer de ses yeux luisant. Bien. Toujours garder un contact visuel direct avec son adversaire, quelque soit la position dans laquelle on se trouvait.

Elle était vraiment petite. Maigrelette. Son sweat bleu était beaucoup trop grand pour elle, impossible de savoir ce qu’elle cachait dessous. De grosses bottes marron lassées d’une étrange manière lui servaient de chaussures. Elle portait également un petit sac à dos. Je ne voyais toujours de sa batte que la garde qui dépassait de son petit dos. Elle-même procéda à un rapide examen de ma personne. Bon point. La différence de taille était palpable, elle devait sans doute avoir quelque chose sur elle pour se défendre autre que sa batte au cas où les choses déraperaient. Question de bon sens et elle n’était pas stupide. La vivacité de ses yeux et son adaptabilité à la situation, le soulignant.  

« Pourquoi j’volerais des médocs aux Hyènes d’abord ? J’suis pas stupide moi ! Et puis si j’avais vraiment voulu voler, tu ne m’aurais jamais entendu arriver. »

Ça, ça restait encore à prouver ma jolie.

Son ton traduisait une certaine fierté quant à ses capacités. Je restais peu convaincue, mais il est vrai que je ne la connaissais pas : grâce à sa taille, elle pouvait sans doute se faufiler comme une sourie où elle le souhaitait. L’approche qu’elle avait eut jusqu’ici ne collait pas vraiment à son gabarit et à ce qu’elle sous-entendait. Soit.

« J’ai juste suivi la piste d’un type qui faisait des allers et retour par les égouts depuis avant hier et j’ai atterri ici… Mais qui me dit qu’c’est pas toi la voleuse en fait ? Ce type était peut être venu te voir toi. »

Les égouts… Bon dieu mais oui ! Voilà comment le voleur pouvait entrer ici. D’où le bruit de tout à l’heure. En étant un peu plus discret, le son pouvait aisément laisser penser qu’il venait de l’extérieur pour peu que le garde ne soit pas des plus attentifs. Ça se tenait.

« Il y a une bouche d’égout ici ? » Lui demandais-je en fronçant les sourcils.

L’intendant ne m’avait aucunement parlé de quelque chose de ce genre permettant de s’infiltrer jusqu’ici. Peut-être n’en avait-il pas connaissance… Peut-être était-elle cachée, d’où le bruit métallique… De plus, une chose m’intriguait : comment le voleur avait-il pu trouver l’emplacement direct de la réserve depuis les égouts ? Quelqu’un de l’extérieur, seul, ne pouvait pas avoir connaissance de tous ces détails. Il devait forcément avoir reçu de l’aide… Des complices à l’intérieur de nos murs alors ? Une infiltration dans nos rangs ? Des traîtres…

Je me tendis immédiatement.

La gamine pouvait en être… Stop ! Ne nous emballons pas. Au bruit qu’elle avait fait, la gamine avait eu du mal à arriver ici. Si elle était venue plusieurs fois, elle aurait définitivement était plus discrète. Et son regard n’avait pas lâché le mien d’une seconde : aucune hésitation dans ses dires. Surtout qu’elle sous-entendait que c’était moi. Dans sa position, j’aurais très bien pu penser la même chose et arriver à cette conclusion. Mais c’était un peu bête comme réflexion.

« N’est-ce point stupide que de penser cela ? A quoi cela servirait-il qu’un deuxième voleur vienne me rejoindre ici ? Dis-moi ? Une pure perte de temps, tu ne penses pas ? » Lui lançais-je, curieuse de voir ce qu’elle pourrait dire.

Sans doute une pique d’ailleurs. Le fait d’avoir été privée de mouvement n’avait probablement pas été encore digéré. Allé, montre-moi gamine que tu en as aussi dans le ciboulot et que tu as assez de recul pour mettre de côté tes sentiments et privilégier la logique. Dévoile moi qui tu es derrière cette apparente bestialité et rage.

Étonne-moi petite, je suis avide de voir ce que tu réserves comme surprise.

Je croisais les bras, mais restais sur mes gardes.
« De plus, si j’étais le voleur que tu as suivi jusqu’ici, je t’aurais tué sans préambule. Inutile de faire tout ce cirque pour te tuer après. »

Je remontais la fermeture éclair de ma doudoune sans manche avant de conclure par un simple : « N’est-ce pas ? »

Difficile de contredire ce point selon moi…

« Posons-nous cinq minutes si tu le veux bien et reprenons tout depuis le début. »

Sans attendre qu’elle me fasse signe d’accepter ou non, je poursuivis :
« Vois-tu, hier j’ai surpris un des intendants de la réserve et un homme que je ne connaissais pas, se disputer. Tu vois de qui je parle ? Tu as du avoir affaire à lui lorsque tu revenais de mission avec des victuailles trouvées. » Courte pause. « Pour en revenir à la mésentente entre les deux hommes, il était question de la diminution suspecte du stock de médicaments. Quand j’ai saisi le propos de l’affaire, je suis intervenue. L’intendant m’a alors rapporté que ça faisait une semaine que… »

Un bruit suspect, comme atténué, m’interrompit dans ma foulée.

Instinctivement, je portais la main à mes poches et revêtis en un éclair mes points américains avant de me tourner vers la rouquine. Cette dernière avait elle aussi réagit au bruit et regardait en direction de sa provenance.

« On va l’encercler. Va te cacher avec ce que tu peux de ce côté » Fis-je en indiquant une zone près de l’étagère médicale.

Puis poursuivant à toute vitesse dans un murmure :
« Dès qu’il touche à l’armoire, on le tope. Compris ? »

Sans demander mon reste, je retournais dans ma cachette en éteignant la lampe. J’espérais que la gamine fasse le choix de suivre le mouvement sans remettre en question ce que je disais. Il fallait absolument attraper ce gredin de mes deux. Je m’en foutais qu’elle ne me fit pas confiance, mais je priais je ne sais quels saints qu’elle ait pris une bonne décision.

Le silence et  la pénombre reprirent leur droit sur la pièce.

J’observais et attendais fébrilement que le voleur surgisse.
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MessageSujet: Re: Médocs en maraude [PV Sanguine]   Ven 15 Avr - 14:18

La première réaction de la jeune femme face à son explication et son accusation fut la surprise. Durant une seconde, elle se lut clairement dans ses yeux d’azur sous l’éclat de sa lampe torche.

“ Il y a une bouche d’égout ici ? ” s’étonna t-elle alors en fronçant les sourcils, l’air presque sceptique.

Sanguine scruta son visage d’un regard perçant, tentant d’y déceler une quelconque trace de jeu d’acteur. En apparence, son étonnement ne semblait pas fin. Sans pour autant la quitter des yeux, la rouquine se déplaça lentement en arrière et tapota du pied droit le passage par lequel elle était arrivée pour l’indiquer à la Hyène. Elle n’avait pas eu le temps de refermer la bouche d’égout ni de replacer la plaque de tôle par dessus, ce qui la rendait plutôt visible malgré l’obscurité.
Ses pupilles laissèrent passer une lueur sauvage. Malgré la surprise qu’elle avait eu face à cette découverte, la jeune femme n’était pas pour autant hors de tout soupçon pour la fillette. Si elle s’était trouvée là ce soir, c’était bien pour une raison. Sans compter que la rouquine doutait que l’intrus encapuchonné aient trouvé tout seul le chemin qui reliait les égouts à cet endroit, à moins d’y avoir passé des mois sans se faire repérer. Quelqu’un avait bien du l’aider.
Enfin, en tout cas, elle n’était pas la seule à être méfiante. La tension ambiante n’était pas redescendue d’un poil et son interlocutrice la fixait avec la même suspicion dans le regard.


“ N’est-ce point stupide que de penser cela ? finit par répliquer la jeune femme. A quoi cela servirait-il qu’un deuxième voleur vienne me rejoindre ici ? Dis-moi ? Une pure perte de temps, tu ne penses pas ? ”

Sanguine fit une moue dubitative méditant quelques secondes sur ces affirmations sous forme de questions. La justification paraissait pertinente. Mais elle n’avait pas envie de prendre le risque de ne pas être sûre. Le visage toujours durci par la frustration de s’être faite maîtriser si facilement, elle plongea ses yeux dans ceux de la jeune femme et répliqua à son tour :

“ J’sais pas. Entrer et sortir de la réserve en embarquant des trucs ça doit pas être simple. Sauf si on a quelqu’un dedans qui prépare tout et efface les traces, nan ? ”

Une fois encore, son regard ne se détacha pas de celui de son interlocutrice, créant un étrange affrontement visuel. Elle n’était pas certaine de ses dires mais si elle avait survécu tout ce temps ce n’était pas en prenant des risques.
La jeune femme ne paru pas s’offusquer d’une telle accusation à peine masquée et se contenta de croiser les bras avant de répondre :

“ De plus, si j’étais le voleur que tu as suivi jusqu’ici, je t’aurais tué sans préambule. Inutile de faire tout ce cirque pour te tuer après. N’est-ce pas ? ”

Sanguine hésita. Malgré la colère que déclenchait chez elle la remarque de la Hyène, elle était obligée d’admettre qu’elle avait raison sur ce point. Un traître l’aurait tuée au moment où elle avait commencé à crier non ? Les Hyènes n’étaient pas réputés pour éprouver de l’hésitation ou de la pitié.
Elle fronça les sourcils et lança à son interlocutrice un regard qui se voulait agressif mais qui fut également marqué de conviction.

“ Mouais… Admettons… “ finit par admettre la fillette en marmonnant, frustrée.

Elle se détendit très légèrement mais continua à guetter la jeune femme de ses yeux d’émeraude. Reconnaître qu’elle n’était pas la voleuse ni un traître, ok, mais digérer le fait de s’être fait mettre au tapis, elle avait toujours du mal.

“ Posons-nous cinq minutes si tu le veux bien et reprenons tout depuis le début. proposa la femme comme pour tenter de calmer le jeu et mettre un point définitif à la tension entre elles. Vois-tu, hier j’ai surpris un des intendants de la réserve et un homme que je ne connaissais pas, se disputer. Tu vois de qui je parle ? Tu as du avoir affaire à lui lorsque tu revenais de mission avec des victuailles trouvées. Pour en revenir à la mésentente entre les deux hommes, il était question de la diminution suspecte du stock de médicaments. ”

Elle avait parlé d’une voix calme et direct, prenant même une pause au milieu de son discours. Sanguine l’écoutait en levant un sourcil, l’air pensif. Les différentes pièces du puzzle commençaient à se mettre en place dans son esprit colérique. Si elle avait su, elle aurait suivit plus tôt l’inconnu à la cape. En tout cas, que ce soit la femme ou non - elle doutait de plus en plus que ça le soit - elle maintenait qu’il y avait quelqu’un qui avait aidé, directement ou indirectement le voleur pour trouver son chemin. Pendant qu’elle réfléchissait, la jeune femme continuait son histoire.

" Quand j’ai saisi le propos de l’affaire, je suis intervenue. L’intendant m’a alors rapporté que ça faisait une semaine que… “

Un bruit soudain interrompit leur conversation. C’était comme le son d’un objet métalique tombant sur le sol, mais plus éloigné et plus… souterrain. D’un même mouvement, les deux Hyènes tournèrent la tête sur le coté pour observer l’entrée que Sanguine avait indiqué quelques secondes plus tôt. Quelqu’un se trouvait en bas, dans les égouts. La fillette retrouva aussitôt son instinct de combat et mit tous ses sens en éveil. Un rapide regard échangé avec la jeune femme aux cheveux teints sembla les mettre d’accord avec la suite des opérations.
Confirmant cette impression, la Hyène aux regard bleuté, qui avait en un instant enfilé sur ses mains une paire de poings américains, chuchota :

“ On va l’encercler. Va te cacher avec ce que tu peux de ce côté. ”

La fillette ne prit qu’une demi-seconde à se décider. Elles semblaient avoir un objectif commun alors autant tenter le coup. Elle hocha la tête, laissant un petit sourire carnassier tirer le coin gauche de ses lèvres. Puis elle tourna les talons et fila à pas de loup vers l’armoire qui constituait la pharmacie de la réserve. Ses yeux scrutèrent rapidement l’endroit. Il y avait peu de cachettes ici, mais elle avait l’avantage d’être petite et fine. Bien vite, elle repéra un mince espace entre l’armoire et un amas de caisses de stockage. Agilement, elle se faufila dans cette cachette improvisée et sortit son canif de sa manche. L’espace était trop réduit pour qu’elle manie bien sa batte mais un bon coup de couteau dans les côtes, ça faisait toujours son effet.

“ Dès qu’il touche à l’armoire, on le tope. Compris ? ” souffla la jeune femme depuis son carton.

Sanguine approuva silencieusement de la tête, bien qu’il fut impossible pour son alliée de circonstance de l'apercevoir.
Quelques instants plus tard, le frottement discret d’un morceau de tôle qu’on déplace se fit entendre dans le silence de la réserve. La rouquine retint son souffle et risqua un coup d’oeil furtif dans l’angle de l’armoire. Une silhouette venait de les rejoindre dans la réserve, s’extirpant du même passage par lequel elle était passée quelques minutes avant. Sanguine plissa les yeux, la personne était vêtue d’une cape à capuchon rabattu et semblait dotée d’une carrure svelte. Pas de doute, c’était bien son fameux intrus.
Elle se dissimula de nouveau dans sa cachette et tendit ses muscles, restant la plus immobile possible. Le nouvel arrivant marqua un temps puis s’approcha de l’armoire. Ses pas étaient quasiment inaudibles, comme s’il avait marché sur de la moquette et non de la tôle. Le sentant s’approcher de sa position, Sanguine bloqua de nouveau sa respiration. Un cliquetis léger et familier lui indiqua alors que l’intrus était en train de crocheter la serrure de la pharmacie.
Les dents serrées, la fillette compta jusqu’à trois dans sa tête. Puis, d’un seul coup, elle relâcha les muscles de ses jambes et bondit de sa cachette, expédiant sa lame dans le dos de l’inconnu encapuchonné.
Mais soudain, celui ci se retourna et bloqua son bras avant qu’elle ne l’atteigne, comme s’il avait deviné sa présence. Dans le même mouvement, il effectua un mouvement circulaire de la jambe et faucha la rouquine qui, surprise, ne put que s’étaler sur le sol après une exclamation de surprise.
Pour la seconde fois de la nuit, Sanguine se retrouva à terre. Mais cette fois, elle se releva d’un bond alors que son alliée attaquait à son tour leur cible par surprise. La rage qui la prenait souvent lorsqu’elle se battait brûla dans ses yeux et elle se jeta de nouveau dans le combat, frappant rapidement l’inconnu en tentant de l’atteindre dans les flancs, les jambes ou les bras. Loin d'attaquer bêtement, elle s'efforça de se caler sur les coups de son alliée pour ne laisser aucun répit à leur adversaire.
Néanmoins, ce dernier se battait avec une rapidité et des réflexes étonnants.
Bien qu’elle n’eut pas trop le temps d’y penser sur l’instant, elle se fit la réflexion que l’intrus se battait un peu trop bien pour un simple voleur... Mais les Hyènes avaient l’avantage du nombre et la jeune femme aux cheveux blancs se battaient avec une maîtrise de ses coups que la fillette, elle, compensait par sa fureur et son manque d'hésitation à s'exposer pour atteindre sa cible.

Bientôt, le combat prit une autre tournure...
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MessageSujet: Re: Médocs en maraude [PV Sanguine]   Mer 4 Mai - 0:22

Le voici donc.


Notre mystérieux voleur. Dans la pénombre doucereuse de la réserve, il s’avance. D’un pas bien plus maitrisé et silencieux que celui de la rouquine. Peu de doutes possibles : il s’agit de notre homme. De ma cachette, il parait bien frêle sous sa cape et ne laisse rien dévoiler de plus de sa personne. Prudence est mère de sureté, surtout quand on ne connait rien de son adversaire.

Ce dernier s’avança sans aucune hésitation en direction de l’armoire fermée à clé. Ce n’est pas la première fois que tu viens ici toi… Dans tous les cas, il était entré dans la nasse, il n’y avait plus qu’à attendre qu’il daigne entrer en action.

Il ne devait plus être loin de la petiote.


Mon esprit se déconnecta quelques secondes, se remémorant les dernières minutes qui venaient pourtant tout juste de s’écouler. La tension qui électrisait l’atmosphère c’était détendue au fur et à mesure de notre dialogue. Bien sur, rien n’était fixé, il me fallait attendre de voir ce que cette rencontre allait donner : la rouquine allait-elle être de mon coté ou bien du voleur ? Ou alors n’interviendrait-elle pas ?

Les cliquetis d’un verrou que l’on crochète me ramenèrent à la réalité.

Il était dos à moi et ne semblait pas m’avoir remarqué ni ma compatriote. Cette dernière surgit alors brusquement de sa cachette et se précipita sur l’ombre encapuchonnée. Sans aucune hésitation, à une vitesse ahurissante. Un vrai chat ce petit bout. Je ne pouvais distinguer ses traits de par l’opacité ambiante. Pourtant, mon instinct me soufflait que ces yeux si verts devaient briller d’une lueur fugueuse et sauvage. Aucune peur, aucune crainte. Juste une lutte pour la survie. La sienne. Vraiment, elle m’intriguait. Qu’avait elle pu vivre pour devenir ainsi à son âge ?

Sans même m’en rendre compte, je me mis à sourire.

La petite avait bondi sur l’ombre, droit dans son dos. Elle tenait quelque chose dans la main, mais je n’arrivais pas à voir ce que c’était. Elle était donc bien armée. Bien.

Que !?


Alors que tout semblait indiquer que l’avantage était du coté de l’enfant de par l’effet de surprise qu’elle avait, l’encapuchonné se retourna d’un coup. Tout ce passa alors très vite : il bloqua le bras de la gamine, la faucha d’un coup de pied circulaire et elle s’écrasa par terre. Mes yeux s’écarquillèrent. Comment avait il pu deviner sa présence ? Nous espionnait-il depuis tout ce temps ? Remarque, la rouquine avait laissé la trappe ouverte…

Il n’était plus temps de réfléchir. La gamine au sol, il fallait que j’intervienne.

M’éjectant une nouvelle fois de mon carton, je me lançais à l’assaut de ce voleur de mes deux. Il était face à moi maintenant, mais même en m’étant rapprochée de lui, je ne parvenais toujours pas à mettre un visage aux ténèbres qui me fixaient.

Voyons voir ce que tu as dans le ventre cher ami.


En guise d’introduction, je l’attaquais à son instar d’un puissant roundhouse kick. M’attendant à faire mouche, je fus une nouvelle fois surprise : mon adversaire m’avait contré. Je pris immédiatement mes distances et tachais de m’interposer entre la gamine et lui. Cette dernière se releva, ivre de rage et s’élança à mes cotés à l’assaut. Sans même que nous ne nous soyons concertées du regard, elle cala ses coups sur les miens. Ils étaient un peu désordonnés et de faibles puissances, mais la colère de l’enfant les rendait imprévisibles et foudroyants. Elle avait vraiment du potentiel. De mon coté, j’enchainais l’ensemble de mon répertoire de technique, mais peine perdu. Peu de mes coups faisaient mouche. Il était essentiellement sur la défensive, esquivant ou parant nos coups. Notre ballet coordonné ne lui laissait également pas assez de temps pour riposter correctement. Néanmoins, j’étais sidérée de voir la manière dont il nous tenait front. Sans vouloir nous lancer des fleurs bien entendu. Seule, j’aurais eu beaucoup de mal à m’en sortir. Nous jaugeait-il ? C’était fort plausible…

Qui pouvait-il bien être ? Que se cachait-il sous cette cape ?


La sueur commençait à perler sur mon front. Je plissais les yeux, concentrée, essayant de réfléchir, d’anticiper ce qui pouvait arriver. Anticiper comment nous pourrions l’appréhender. Comment au moins nous pourrions découvrir son visage.

L’acculer. Comme un animal.

Il fallait le pousser à reculer. Réduire son champs d’actions au maximum et finir par le plaquer contre l’armoire derrière lui. Simple et efficace. Plus qu’à mettre en actions cette idée.
J’augmentais la cadence de mes coups et leur puissance. Je ne tiendrais sans doute pas ce rythme très longtemps, mais la surprise face à ce changement de rythme pouvait être à mon avantage. Il commença à reculer. D’un pas, de deux pas, de trois. Nos forces conjointes à la petite et à moi ne lui laissaient pas trop le choix.

Avait-il deviné mon raisonnement ou sentait-il sa fin arriver ?

Dans tous les cas, il passa à l’offensive, essayant de nous atteindre. Je me crispais, tendue. Ça n’allait vraiment pas être de la tarte. Mais nous times bon. Ses coups étaient puissants, fluides, en un mot : un combattant. Cependant, bien loin du genre habituel que l’on pouvait rencontrer à tous les coins de rue… Ce style, cette discipline… Un militaire ? Il était pourtant bien trop svelte. Quelque chose clochait.

Je grimaçais. Je n’aimais pas ça, mais alors vraiment pas !

Il fallait en finir.

Je mis toute ma force et ma vitesse dans le spinning hook kick que je lui lançais: en plan horizontal, j’envoyais mon pied gauche situé à l’arrière au niveau de son visage en effectuant une rotation complète de mon corps. Entrainer par mon poids, il ne pu parer ce coup. Impossible de le faire. Cette technique était bien connu des fulleurs, surtout des underground. Avec suffisamment de force, on pouvait briser la nuque de quelqu’un… De plus, la surprise s’ajoutant, l’ombre s’effondra au sol comme un pantin. Achevant mon coup, je me réceptionnais souplement un peu plus loin, haletant. Je croisais alors le regard indéchiffrable de la rouquine. Elle ne s’attendait sans doute pas à quelque chose de ce genre.


Son expression changea du tout au tout brutalement.

Ses yeux émeraude écarquillés fixaient un point derrière moi. Fronçant des sourcils, j’eus à peine le temps de jeter un regard par-dessus mon épaule et de remarquer l’ombre masquée se précipiter sur moi.

Mon corps chancela avant même de sentir la douleur exploser à l’arrière de mon crâne.

A terre, KO en moins d’une minute.

Sonnée, mon esprit tentait d’assimiler ce qui venait de se passer.


Peine perdue.

Face contre terre, je regardais la suite, impuissante.

Je sentais mon esprit filer, j’avais du mal à garder les yeux ouverts, n’observant le monde que par intermittence… Et ce fichu mal de crane de retour !

La dernière image que je parvins à saisir fut celle de la rouquine à genoux et seule, tenant dans sa main quelque chose…


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Médocs en maraude [PV Sanguine]
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